Masisi : Des humanitaires de MSF arrêtés, 8 civils exécutés d’après la CFDD qui exige des enquêtes, MSF confirme

Trois agents travaillant pour Médecins Sans Frontières « MSF » ont été arrêtés en territoire de Masisi entre mars et juin 2026, puis transférés à Goma. C’est ce qu’affirme la Conscience Féminine pour les Droits et le Développement (CFDD-RDC) dans une déclaration rendue publique ce 12 juin et signée par Nadia Nyamushiya coordonnatrice Nationale.

Selon l’organisation, il s’agit de Nitsa Ndaalira, arrêté le 28 mars, ainsi que de Jérôme Maheshe et Rodrigue Bukanga, arrêtés le 3 juin 2026.

La CFDD-RDC indique que ces humanitaires ont été interpellés en milieu rural à Masisi avant d’être conduits à Goma, où ils sont détenus « dans des cachots secrets ». « Leurs familles n’ont aucun droit de leur rendre visite. L’état de santé et le sort de ces victimes inquiètent davantage leurs familles respectives et la communauté locale toute entière », précise la structure.

Elle rapporte également l’exécution sommaire de huit civils, dont une femme du village de Kasho, le 9 juin 2026 à Bukombo, groupement Biiri, secteur Osso Banyungu, sur l’axe Masisi-Nyabiondo-Walikale. l’ONG attribue ces tueries aux rebelles du M23/AFC-RDF : « Ces infortunés, dont la plupart sont des usagers de la route, ont été pris, rassemblés et conduits dans une position militaire du M23/AFC à Bukombo avant d’être lâchement assassinés. Leurs corps ne sont toujours pas enterrés. »

La CFDD-RDC affirme en outre avoir recueilli des témoignages faisant état de « tortures et autres actes inhumains » subis par d’autres humanitaires en mars dernier sur l’axe Mweso-Kashug.

La réaction de Médecins Sans Frontières n’a pas tardé : « MSF confirme que des employés du projet de Masisi au Nord-Kivu ont été arrêtés par des représentants de l’AFC/M23. Nous espérons leur libération rapide et suivons la situation avec la plus grande attention. Nous sommes également préoccupés concernant leur état de santé. »

L’organisation rappelle qu’elle appuie depuis 2007 l’hôpital général de référence de Masisi et plusieurs centres de santé, « en assurant l’offre de soins de santé primaires et secondaires aux populations affectées par les affrontements entre groupes armés».

Face à ce qu’elle qualifie de « violations graves des droits humains », la CFDD-RDC demande « l’implication de toutes les instances nationales compétentes pour que ces victimes recouvrent leur liberté et que cessent les abus ». Elle appelle à « la cessation immédiate de toute forme de violation des droits et libertés fondamentaux » et plaide pour « l’ouverture d’enquêtes indépendantes, crédibles et impartiales en vue d’établir les responsabilités et de garantir justice et réparation aux victimes ».

Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les actes de violence récurrents continuent de peser lourdement sur les populations civiles et les acteurs humanitaires. Le retour de la paix est attendu urgemment par les citoyens victimes directes des exactions.

Lee Sadiki Kajibwami

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