
Les femmes points-focaux, issues de différents axes dans les territoires de Lubero et Beni, ont bénéficié d’une formation enrichissante jeudi 20 février 2025. Cette initiative, axée sur le leadership féminin, les droits des femmes et la santé sexuelle et reproductive, s’est déroulée dans la salle de conférence de Holy Day Park. Les formateurs ont souligné l’importance cruciale du rôle de ces leaders communautaires dans la protection et la promotion des droits des femmes.
John Vulume, l’un des formateurs du jour, a centré son exposé sur le leadership féminin. Cet activiste engagé dans la défense du droit à la santé a mis en lumière les nombreux obstacles auxquels se heurtent encore les femmes, une situation qui engendre des conflits au sein de la communauté.
« Les femmes sont encore victimes de violences sexuelles et basées sur le genre dans la communauté. C’est pourquoi nous avons l’ambition de mettre en place une école du leadership féminin, un espace de discussion et de partage où les femmes pourront s’organiser, échanger sur les questions de genre, les inégalités entre hommes et femmes et renforcer leurs capacités. Nous voulons amener les femmes à devenir des activistes pour la création de ces écoles du leadership féminin. Il y a encore un sérieux problème, car dans la communauté persistent des inégalités de genre, des rapports de force entre hommes et femmes, même au sein des familles où de nombreuses violations graves liées au genre sont constatées. Le rapport n’est pas encore équilibré. Si le genre n’est pas respecté dans la communauté, cela restera une source de conflits, car les conflits commencent toujours entre deux personnes ou deux groupes pour se répercuter ensuite dans la communauté. Le respect du genre est un moyen de résoudre les conflits », a-t-il précisé.
Cette formation avait pour objectif de doter les femmes des outils nécessaires pour relever les défis auxquels elles sont confrontées sur le terrain, afin de protéger efficacement les droits des femmes. C’est ce qu’a indiqué Maître Maguy Panza, chargée de la vulgarisation à la FJDF.« Ces femmes ont été formées afin d’être bien outillées dans le cadre de la protection des droits des femmes et de mener des sensibilisations en vue d’un changement positif dans la communauté, mais aussi de mener des plaidoyers pour que la question des droits des femmes soit prise en compte. Il a fallu renforcer leurs connaissances sur les droits des femmes, les VBG, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que dans la gestion des cas. Elles rencontraient plusieurs difficultés pour la sensibilisation, voilà pourquoi cette séance était une séance de recyclage pour renforcer leurs capacités pour bien mener leurs actions. Ces femmes doivent être capables de sensibiliser leurs communautés de provenance, mais aussi de donner des alertes sur la question de la protection des droits des femmes, d’orienter les cas de violation, mais aussi de faire des plaidoyers », a-t-elle insisté.
De leur côté, les participantes ont promis de mettre à profit les notions acquises pour le bien-être de la communauté. Guilaine Mwanganza, l’une d’elles, témoigne :« C’est tellement important pour la communauté, car les femmes sont les plus touchées par les violations. Il est donc essentiel de savoir ce qu’elles doivent faire pour améliorer leur condition. En tant que leader communautaire, je vais sensibiliser la population afin d’améliorer la condition féminine », s’engage-t-elle.
Cette séance de formation s’inscrit dans le cadre du programme Santé Intégrale, Réparation et Consolidation de la Paix. Il est mis en œuvre en consortium par l’organisation Femmes Juristes pour les Droits de la Femme et de l’Enfant (FJDF), Femmes Engagées Pour la Santé Intégrale (FEPSI), l’Association pour la Défense des Droits de la Femme (ADDF) et Étoile du Sud.
Providence Birugho