
À Butembo, la route Mutsanga–Vuhira est devenue un véritable calvaire pour ses usagers. Entre boue, poussière et nids-de-poule, circuler sur cet axe relève désormais du défi quotidien.
« Chaque jour, nos véhicules s’abîment ici. Nous travaillons à perte », témoigne un conducteur de benne rencontré sur place. Comme lui, de nombreux transporteurs dénoncent une situation qui impacte directement leurs activités.
Du côté des commerçants, les conséquences se font également sentir. « Les clients arrivent en retard ou n’arrivent même pas. Les marchandises aussi prennent du temps », explique une vendeuse installée le long de cet axe.
Face à ce ras-le-bol généralisé, l’Association des conducteurs et propriétaires de bennes (ACPROBEN) a décidé de hausser le ton. Son président, Muhindo Kanamungoya Georges, annonce un ultimatum de 72 heures aux autorités compétentes. « Nous avons déjà fait plusieurs démarches auprès du gouvernement provincial du Nord-Kivu, mais rien n’a changé. Si aucune solution n’est trouvée, nous allons passer à une vitesse supérieure », prévient-il.

L’association propose notamment le remplacement de la société en charge des travaux ou l’utilisation d’une latérite de meilleure qualité pour garantir la durabilité de la route.
Dans les quartiers riverains, l’inquiétude grandit. « Quand il pleut, la route devient impraticable. Même les motos ont du mal à passer », confie un habitant. Pour beaucoup, la situation dépasse désormais le simple problème d’infrastructure. Elle devient une question de dignité et de droit à des conditions de vie décentes.
À mesure que les jours passent, la pression monte. Et à Butembo, nombreux sont ceux qui attendent désormais des actes concrets plutôt que de nouvelles promesses.
Hermaine Kasienene