
À Butembo, de nombreuses familles subsistent grâce à de petites activités génératrices de revenus. C’est le quotidien de Kyakimwa Mathe qui, depuis plus de dix ans, se consacre à la vente de bananes. Un métier dont elle vante aujourd’hui les nombreux bienfaits.
Lancée dans cette activité en 2013, Kyakimwa Mathe compte parmi ses clients fidèles des agents de bureau ainsi que de simples passants. Grâce à ses revenus, elle parvient à nourrir sa famille quotidiennement et à couvrir les frais liés à la scolarité et aux soins de ses enfants.
« Depuis que je me suis lancée dans la vente de bananes, je ne quémande plus, car je parviens à subvenir à mes besoins. C’est grâce à cette activité que je nourris ma famille et scolarise mes enfants, malgré de faibles revenus. Ma plus grande fierté est de couvrir les charges familiales depuis que mon mari est tombé malade en 2012, je réussis à tout gérer seule. », fait-elle savoir.
Cependant, le parcours n’est pas sans embûches. Elle est parfois confrontée à la mévente de ses produits, mais surtout à des difficultés d’approvisionnement. Ses fournisseurs habituels se déplacent fréquemment, fuyant l’instabilité sécuritaire qui prévaut dans la zone.
« La principale difficulté survient lorsque la marchandise ne s’écoule pas ; nous sommes alors parfois contraintes de vendre à crédit. C’est un travail fatigant, mais rien ne s’obtient sans effort. L’approvisionnement reste aussi une préoccupation majeure en raison de l’insécurité volatile dans les zones de ravitaillement, nous devons parfois nous contenter de ce que nous trouvons sur la route. Il est essentiel pour une femme de travailler et de ne pas dépendre entièrement d’autrui. J’ai connu cette dépendance par le passé, et il n’a pas été facile de me relever», précise-t-elle.
Convaincue de l’importance de l’entrepreneuriat pour l’autonomisation financière des femmes, Kyakimwa Mathe encourage ses paires à entreprendre, peu importe l’activité, en fonction de leurs capacités et de leurs moyens.
Providence Birugho