
Le Parlement d’Enfants, PARDE, en sigle, a organisé des dialogues communautaires sur les questions de Santé Sexuelle et Reproductive, SSR, à Butembo. Des séances y relatives ont respectivement vécu dans la salle polyvalente de l’hôtel Versailles, pendant la première semaine de Juin 2025. Occasion pour des enfants, des jeunes, des parents, des autorités de base, des leaders religieux, des agents de santé et des responsables des structures de la société civile d’analyser la perception communautaire liée à la SSR. D’autres objectifs, étudier des voies de moyens d’améliorer la couverture sanitaire pour promouvoir la santé sexuelle et reproductive, renforcer la capacité des services des structures sanitaires et encourager l’idée entrepreneuriale des jeunes.
Ces dialogues communautaires rentrent dans le cadre du projet Tuimizane kwa mabadiliko (TUMA+) que met en oeuvre le Parlement d’enfants, PARDE, en faveur des membres de la communauté, du moins les enfants et les jeunes. Selon les facilitateurs des échanges, la motivation à les organiser va du fait que la communauté apprehende la sexualité comme un tabou alors que ce sujet serait à aborder pour palier les ignorances et les risques liés au vécu sexuel humain, en vue de promouvoir la vie saine et sécurisée.

«Des préjugés non fondés, la honte, la crise dans l’éducation familiale, la sacralisation de la sexualité et le langage complexe tout autour, c’est autant de défis qui ne favorisent pas une bonne Santé Sexuelle et Reproductive des jeunes, ont interpellé tour à tour les pannelistes, en complicité avec les participants. Pourtant, croient-ils, la sexualité devrait être régulièrement objet des discussions familiales entre les personnes habilités: parents ou tuteurs et les enfants pour viser l’hygiène, le bon fonctionnement des organes reproducteurs et ainsi la santé tout entière de chacun.
Résumés des sujets traités.
Pour ancrer la démystification des questions de Santé Sexuelle et Reproductive, SSR, dans la communauté, les pannelistes ont, notamment, exposé sur la planification familiale, le développement pubertaire et la protection juridique sur la SSR.
Du premier module, Kavira Kamuha Noella, infirmière au Centre de santé Kyangike, a conseillé aux participants les méthodes contraceptives, selon la tradition et le modernisme, d’une façon naturelle ou artificielle. Selon elle, les pratiques de contraception préviennent des maladies et infections sexuellement transmissibles et autres risques tels les grossesses précoces et non désirés. Avant de les recommander, l’infirmière Kabambu a étayé les avantages et les désavantages de toute forme de contraception.

A Docteur Hervé Mumbere, médecin traitant à l’hôpital de la Police Nationale Congolaise, PNC-Butembo, de compléter que promouvoir la SSR passe également par la connaissance du développement pubertaire chez la fille comme chez le garçon, un développement perçu à l’âge variant entre 8 et 16 ans. C’est une période qui intervient avec des changements physiologiques, biologiques et comportementaux, a-t-il précisé.
La SSR étant, en outre une question de droit, Maître Ranilph a éduqué, au cours des échanges, à s’informer sur les mécanismes juridiques qui garantissent à l’homme une santé sexuelle saine et sécurisée, à s’entourer des garde-fous protégeant des viols et de toute forme de violences sexuelles ou basées sur le genre et à maîtriser les normes permettant à chacun de jouir de sa sexualité ou de l’exercer à bonne et due forme, la santé sexuelle étant la santé totale de la personne humaine.
Des dialogues communautaires satisfaisants
A la fin de la tenue de ces dialogues communautaires sur la Santé sexuelle et reproductive, organisateurs et participants ont exprimé leur satisfaicit.
C’est le cas du chargé de suivi, évaluation et recevabilité au Parement d’enfants, dans la zone d’exécution du projet TUMA+. Pour Mwemedi Ibrahim, le fait de ne pas parler de la SSR accentue par exemple les grossesses précoces, les avortements clandestins et les incestes.

«C’était impératif de dialoguer avec les membres de la communauté pour savoir ce qui bloque et peaufiner les stratégies qui permettent aux uns et aux autres de dialoguer en famille, à l’église et dans les cadres de base au sujet des questions de la SSR. Ce n’est pas pour inciter les jeunes à devenir sexuellement actifs, mais les informer et les prévenir des conséquences liées à la mauvaise sexualité», a-t-il déclaré.
Quant aux participants, ils se sont engagés à écouter, orienter et guider les personnes ayant besoin des informations sur la SSR, favoriser un environnement de dialogue sur la SSR, accompagner les actions communautaires de promotion des questions liées à la SSR et de prendre des décisions plus éclairées par rapport à la santé.
TUMA+ est un projet de développement mise en œuvre par un Consortium d’organisation de CARE PARDE, ADJ, SARCAF et HE par le financement de l’ambassade des Pays-Bas
Patrick Kalungwana