Constitution en RDC: La Paix d’abord, la révision après (Blaise Baibonge Notable de l’Est)

La question du changement Constitutionnel en République Démocratique du Congo ne cesse de susciter différentes réactions dans les coins et recoins du pays. Depuis qu’elle est revenue sur la table, le notable Blaise Baibonge n’a pas été ni pour ni contre le projet de changement Constitutionnel porté par le Président Félix Tshisekedi.

«Au Nord et Sud-Kivu, les populations civiles fuient encore et toujours. la souffrance est imminente dans ces deux provinces en raison des affrontements meurtriers et violents. À Kinshasa, le débat sur la constitution reste priorisé. Il y a un décalage que je ne peux pas cautionner.On ne change pas la charpente d’une maison qui brûle », déclare-t-il.

Ce notable du Territoire de Masisi ne dit pas que la Constitution de 2006 est parfaite. Il ne dit pas non plus qu’elle doit sauter. Il pose un préalable : « Ramenez la paix à Masisi, Rutshuru, Beni, Djugu, Nyiragongo, Kwamouth et dans certaines localités du Sud-Kivu. Après, je m’assieds à n’importe quelle table pour parler mandat, décentralisation, justice.»

Sa formule fait mouche dans les camps de déplacés de l’Est du pays: « Modifier la Constitution avec Plus 7 millions de déplacés, c’est coudre un costume à un homme qui saigne. Les habitants ne me demande pas l’article 220. Il me demande si leurs champs de Masisi , Rutshuru, Nyiragongo… sont toujours à eux.»

Sa position le met en porte-à-faux. Trop tiède pour les partisans de la révision, trop proche du pouvoir pour les anti. Il assume : « Le jour où mes villages seront sécurisés, je prendrai position sur le texte. Pas avant.»

En attendant, la Constitution de 2006 tient. Les combats continuent dans l’Est du Congo et le jeune notable reste assis entre deux chaises, convaincu que la première loi d’un pays, c’est la paix. Celui-ci se définit autrement : « Je suis du camp des déplacés ».

Face à la situation sécuritaire qui monte d’un cran en RDC, beaucoup d’observateurs et leaders politiques acceptent l’idée du changement de la constitution après la restauration de l’autorité de l’État dans toutes les localités occupées illégalement au Nord et Sud-Kivu, une position critiquée négativement par les membres de l’Union Sacrée.

Rédaction

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