Goma : Deux corps retrouvés flottant sur le lac Kivu, la population sous le choc

Ce mercredi 10 juin matin, les habitants du quartier Lac Vert à Goma ont été secoués par une macabre découverte : le flottement des corps de deux jeunes sur le lac Kivu. Selon des sources locales, les victimes auraient été égorgées avant d’être jetées dans le lac. Si aucune organisation n’a officiellement revendiqué ces meurtres, plusieurs témoins sur place attribuent ces crimes au mouvement armé M23.

Un lac transformé en cimetière ?

La semaine dernière, le journaliste indépendant Ricardo Olenga, ancien détenu du M23 à Goma, avait révélé les pratiques sordides de ce groupe armé. Selon lui, durant sa détention, il avait été contraint de jeter dans le lac Kivu, vers le quartier Lac Vert, des corps de personnes arrêtées par le M23.

« Tout a commencé le 19 septembre 2025 », raconte Ricardo Olenga. « J’ai été arrêté après avoir réalisé l’interview d’une maman qui réclamait ses enfants arrêtés arbitrairement. » Le journaliste explique avoir été détenu pendant trois semaines et deux jours dans un conteneur situé à l’Assemblée provinciale de Goma.

Au-delà de l’arrestation, ce sont les conditions de détention qui attirent l’attention. Ricardo Olenga rapporte avoir été témoin des décès parmi les détenus quelques jours seulement après son arrestation.

« Deux jours après mon arrestation, deux personnes ont trouvé la mort et comme j’avais encore la force, on nous a demandé d’aller jeter ces deux corps vers le Lac Vert », révèle-t-il. Il décrit des traitements qu’il qualifie d’inhumains, tant à l’Assemblée provinciale qu’à la prison centrale de Munzenze.

« Ce que j’ai vécu comme traitement à l’Assemblée provinciale, mais aussi à la prison centrale de Munzenze, c’était la même routine. À Munzenze, la situation était pire », affirme-t-il.

Ricardo Olenga indique ne pas vouloir divulguer l’ensemble des faits dont il a été témoin, préférant les consigner dans un ouvrage en préparation.

« Je vous épargne de plusieurs détails que je vais écrire dans un livre qui va sortir incessamment », déclare-t-il.

À travers son témoignage, le journaliste lance un appel à la communauté et aux autorités : que la lumière soit faite sur ces pratiques, et que justice soit rendue pour les victimes, afin que le lac Kivu ne devienne pas le symbole macabre d’une violence qui perdure.

Rédaction

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