Sud-Lubero : À Mighobwe, la pomme de terre détrône le manioc en rentabilité

Dans le sud du Lubero, la pomme de terre s’impose face au manioc. À Mighobwe, Bukomerwa, Kanyatsi-Tama, Kasingiri et Kaseghe, en chefferie des Batangi, plusieurs cultivateurs disent désormais privilégier ce tubercule.

« Je privilégie la pomme de terre parce qu’elle génère rapidement des revenus. Le cycle est court : la récolte intervient après quatre mois, avec deux à trois mois de sarclage », explique Jerlance kambale producteur rencontré le week-end dernier.

Selon les producteurs interrogés, un sac de pommes de terre se vend entre 85 000 et 100 000 francs congolais, contre 40 000 à 50 000 FC pour un sac de farine de manioc.

Pour un débutant, l’investissement de départ reste élevé : « Un sac de semences coûte 150 000 FC », indique un cultivateur. Malgré ce coût, la filière est jugée plus utile pour les familles de la contrée.

Au sujet de l’argent gagné grâce à la culture de la pomme de terre, Jerlance kambale ajoute:« Ce Fric me permet de payer les frais scolaires, le loyer et de répondre aux besoins besoins alimentaires. Le rendement est rapide et répond à plusieurs besoins essentiels du ménage. »

Bora Syakalwa, autre producteur, décrit un travail en plusieurs étapes : « Défrichage, premier labour, préparation des buttes, apport d’engrais chimique, semis, premier sarclage, buttage, entretien. Nous utilisons aussi des pesticides contre les maladies. Enfin vient la récolte.»

Il cite l’exemple de la variété Carolus : « Elle donne un rendement après trois mois et son prix est plus élevé que le haricot, le manioc ou le maïs. Un sac de Carolus se vend à 90 000 FC, contre 40 000 FC pour le manioc, dont la culture prend jusqu’à trois ans.»

L’approvisionnement en semences reste un défi. « On vit de débrouillardise pour s’en sortir », confie un cultivateur. « Quand on trouve un, deux, cinq kilos ou un sac, c’est grâce à nos propres efforts », dit Bora Syakalwa.

Les cultivateurs du sud de Lubero disent travailler avec leurs propres moyens et appellent à un accompagnement réel des ONG et associations du secteur agricole. Selon eux, un appui permettrait d’augmenter la production et de combattre la malnutrition et la famine dans la région.

Lee Sadiki Kajibwami

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