
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo, a été secouée dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 octobre 2025 par de fortes détonations d’armes lourdes et légères. Ces tirs, entendus pendant plusieurs heures, notamment dans le quartier Mugunga (à l’ouest de la ville), ont réveillé les pires craintes des habitants, après une période relative d’accalmie.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les coups de feu ont été persistants jusque tard dans la nuit, plongeant la population dans une panique généralisée. À l’heure actuelle, aucune communication officielle n’a été faite sur l’origine de ces tirs, ni sur les groupes impliqués.
Cette tension survient dans un contexte déjà préoccupant : la veille, des affrontements violents avaient opposé les résistants Wazalendo aux rebelles M23-AFC dans le territoire de Nyiragongo, au nord de Goma. Ces combats ont fait plusieurs morts et blessés parmi les civils, selon des sources locales.
Ce mardi matin, le reporter de plumeduKivu.net s’est rendu dans la partie ouest de la ville. Bien que la situation semble calme en apparence, la psychose est profonde. Les habitants expriment leur peur, leur fatigue et leur aspiration à la paix.
L’un d’eux, qui a requis l’anonymat, déclare : « Nous prions Dieu de ne plus revivre ce qui s’était passé en janvier. Nous préférons que la voie pacifique soit privilégiée, surtout que des négociations sont en cours. La violence n’apporte rien de bon. »
Un autre habitant, visiblement encore marqué par les précédents événements, confie à notre micro : « Nous sommes encore sous le traumatisme de ce qu’on a vécu au début de cette année. Qu’ils aient pitié de nous. Nous avons aussi le droit de vivre et de respirer la paix. »
La population de l’Ouest et du Nord de Goma vit donc dans la crainte d’une nouvelle escalade de violences. La situation reste officiellement « sous contrôle » selon l’AFC/M23, mais la réalité sur le terrain laisse transparaître un profond sentiment d’insécurité.
Cette nouvelle flambée d’insécurité rappelle que la paix dans cette région reste fragile. Les populations civiles appellent à une solution durable, fondée sur le dialogue et la sécurité, deux conditions essentielles pour espérer un avenir stable au Nord-Kivu.
Ahadi Ibrah