Journée Mondiale SIDA : À Butembo, la pénurie de tests et de médicaments pour enfants expose la population

La Journée Mondiale de Lutte contre le VIH/SIDA, célébrée chaque 1er décembre, a servi de cadre à Butembo pour une mobilisation axée sur le thème : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au Sida ».

L’organisation Femmes Engagées pour la Santé Intégrale (FEPSI) a organisé une activité de sensibilisation, ciblant les jeunes et les personnes vivant avec le VIH.

Lors de la séance de sensibilisation, Adelard Kambere, Superviseur chargé de la question VIH à la Zone de Santé de Butembo, a partagé les dernières statistiques. « Le sida demeure un problème de santé publique dans notre zone de santé. Nous dépistons des gens dans différents services : l’hospitalisation, la consultation et la CPN. Là, nous avons un total de 142 nouveaux cas de VIH positif entre janvier et octobre 2025, » a-t-il révélé.

Si ce chiffre pourrait sembler indiquer une baisse par rapport aux années précédentes, Adelard Kambere a rapidement nuancé cet apparent progrès, pointant du doigt la rupture des stocks de tests de dépistage. Une situation directement liée à la suspension de l’aide de l’agence américaine USAID.

Le professionnel de la santé a exprimé son inquiétude, soulignant les conséquences dramatiques de cette pénurie. « Pour le moment, nous allons dire qu’il y a un peu de perturbations, parce qu’à nos jours, il n’y a pas de tests, ce qui fait qu’on ne puisse pas dépister beaucoup de gens. […] Les conséquences, c’est que les gens vont vivre sans être dépistés. C’est un danger quand on vit sans connaître son état sérologique. On sait bien prévenir que guérir quand on se connaît, mais quand on ne se connaît pas, c’est vraiment un grand problème, » a-t-il martelé.

Un autre sujet d’inquiétude majeur concerne la Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) : « Il y a aussi un souci au niveau de la prise en charge des enfants qui sont exposés, c’est-à-dire des enfants qui naissent de mères VIH positif. Il n’y a pas la Névirapine qu’on donne aux enfants pour faire une prévention à l’enfant. »

Il a toutefois tenu à rassurer concernant le traitement des adultes : « Concernant le traitement pour les adultes, nous avons encore un stock( ARV) . »

La séance a également été enrichie par le puissant témoignage de Kavira Kamuhavyaki, dépistée positive au VIH depuis 1998.

« Mon mari n’a pas été fidèle, et c’est de là qu’il a attrapé cette maladie et m’a contaminée. Malheureusement, il a fait de ça un secret, et il est décédé en 2002. […] J’ai reçu les instructions et conseils de personnels soignants pour vivre avec cette maladie, parce qu’à cette période, il n’y avait pas encore de médicaments. Ces ARV sont arrivés en 2005, et depuis tout ce temps jusqu’à aujourd’hui, je suis sous ce traitement, et ce sont ces médicaments qui continuent à m’aider, » a-t-elle témoigné, illustrant l’importance cruciale de la prise en charge.

La Zone de Santé de Butembo a également notifié 4045 cas de personnes atteintes d’Infections Sexuellement Transmissibles (IST), soulignant l’ampleur des défis sanitaires dans la région.

Providence Birugho

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