
En République Démocratique du Congo, la Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits humains et la Paix (FOCDP) tire la sonnette d’alarme face à la « corruption systématique et institutionnalisée » dans la mécanisation et la promotion des Professeurs d’universités.
Dans un document consulté par plumedukivu.net, Jeudi 18 juin 2026, cette organisation dirigée par le Prof. Mgr Pax André Marie Kito Masimango a réagi aux propos tenus par le Président Félix Tshisekedi à Houston devant la diaspora congolaise. Le Chef de l’État a cité les Professeurs d’universités « parmi les secteurs prioritaires dont il attend améliorer les conditions, après ceux des joueurs de football ».
Pour la FOCDP, cette déclaration intervient « au lendemain du sit-in organisé par les Professeurs d’universités non payés et non mécanisés depuis deux à trois années ». L’ONG déplore des promesses « répétitives et sans effet concret », sans calendrier ni remise en cause des blocages administratifs. Elle estime que la communauté scientifique perçoit cela « comme une tentative de flatterie » qui traite « les Savants de la RDC comme des interlocuteurs naïfs ».
L’organisation décrit un « système de concussion institutionnalisé » impliquant trois ministères : ESU/ESURSI, Fonction Publique et Budget.
D’après elle, tout Professeur en attente de mécanisation doit verser « ses sous de un à deux mois de salaire et de prime, en plus d’une somme d’environ mille dollars, à un réseau d’intermédiaires pour être aligné ». Le même mécanisme s’appliquerait aux promotions en grade. Pourtant, rappelle la FOCDP, l’avancement est « un droit statutaire qui devait se faire automatiquement » sur base des dossiers validés par les universités.
« Un Professeur promu au grade supérieur reste bloqué des années sans le bénéfice de son nouveau traitement tant qu’il ne s’acquitte pas auprès du système », dénonce la Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits humains et la Paix. Elle considère ces pratiques « anticonstitutionnelles » car elles violent l’article 36 de la Constitution sur le droit au travail et à une rémunération juste.
« Aucun pays au monde ne conditionne la rémunération et la promotion de ses enseignants-chercheurs à des pots-de-vin », souligne-t-elle. Ainsi, la structure place le Président « devant sa responsabilité de chef de l’exécutif » :
Laisser faire « revient à cautionner l’effondrement de l’école congolaise », tout en rappelant qu’« un État qui sacrifie ses Universités hypothèque son avenir », car « la puissance d’un État contemporain repose sur le progrès scientifique ».
Pour sortir de la crise, l’organisation exige : « la mécanisation immédiate et sans condition de tous les Professeurs en attente depuis 1 à 3 ans ; le déblocage automatique et sans frais des promotions en grade ; une enquête judiciaire indépendante sur les réseaux de corruption dans les 3 ministères, avec “sanctions exemplaires” ; la publication transparente des procédures et délais, avec guichet unique et traçabilité ; l’engagement écrit du Gouvernement sur un calendrier de paiement des arriérés ; appel aux étudiants : “Sans Professeurs dignement payés, promus à temps et respectés, il n’y a pas de formation de qualité” », conscientise la structure.
Lee Sadiki Kajibwami