RDC : Kinshasa, Beni et Butembo encollent au Genocost une exigence de justice pour panser les plaies béantes.

La République Démocratique du Congo, RDC, a médité, pour la 3ième année, le Génocide pour les gains économiques, Genocost, ce Samedi 02 Août2025. A Kinshasa, le FONAREV a démontré que rendre justice aux victimes, c’est donner la dignité à la nation. A Beni, les habitants ont identifié un site devant abrité le mémorial des victimes. A Butembo, les structures des jeunes ont plaidé pour la reconnaissance du Genocost et la justice pour les martyres. Le tout sous le thème « justice, dignité et mémoire ».

C’est autour du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, que Kinshasa a commémoré la journée nationale du Genocost. Des discours ont été prononcés au mémorial érigé dans la capitale. Le Directeur général du Fonds national des réparations des victimes des conflits, FONAREV, a rassuré aux victimes que le Gouvernement s’emploie à ce que ses plaidoyers pour les réparations aboutissent à la justice pour les victimes et à la dignité pour la nation. Pour Patrick Fata, « Genocost »,  est une tragédie plurielle des chiffres qui ne diront jamais la souffrance, des noms que l’histoire n’a pas évoqués. C’est aussi, selon lui, une mémoire blessée, une plaie nationale qui ne peut guérir sans vérité, sans reconnaissance, sans justice. A l’occasion, le FONAREV a présenté les résultats concrets de son action sur terrain.

« 1.555 incidents documentés et certifiés dans 11 provinces, témoignant d’un travail minutieux de collecte et de vérification des faits effectué par le FONAREV ; 139 camps de déplacés répertoriés autour de la ville de Goma, Beni et Bunia, accueillant plus de 2 millions de déplacés en 2024 ; 416.781 personnes pré-identifiées, parmi lesquelles 1.521 victimes détentrices et décision de justice exécutoire ; 146.700 déplacés internes vivant dans les camps situés à Goma, Bunia et Kisangani ; 268.510 victimes issues des communautés affectées par les conflits recensés dans les provinces du Kongo Central, le Grand Kasaï, la Tshopo et de l’Ituri », a détaillé l’homme du FONAREV.

Genocost 2025 à Beni-Butembo.

Pour rendre hommages aux victimes des affres de la guerre et des conflits, depuis plus de 3 décennies, la Représentation de la Synergie des groupes sociaux de Butembo s’est rendue à Beni pour participer à l’activité y organisée par la société civile. Dans cette ville devenue temporairement capitale du Nord-Kivu, les jeunes et les membres des composantes de la société civile ont participé aux travaux d’assainissement des tombes des victimes, notamment au cimetière de Masiani. Outre, cette activité, ils sont allés se rassembler à la mairie de Beni avant de partir de là, en compagnie du Gouverneur de province et d’autres autorités politico-administratives, pour le quartier Mavivi, situé au Nord de la ville, en vue d’y cibler un site devant, incessamment, abriter le mémorial des victimes du Génocide.

Pendant ce temps, d’autres jeunes des structures de la société civile se sont rassemblés pour la même cause, au rond-point dit de la Cathédrale à Butembo. Ici, ils ont exécuté l’hymne national et partagé des points de vue sur le Genocost. Après quoi, les participants ont lu leur mémorandum. Ils demandent, notamment, que ce génocide soit reconnu par la communauté internationale et que justice soit faite.

« Bien plus, en cette journée, nous réaffirmons notre engagement collectif. Nous insistons sur la reconnaissance officielle du Genocost, d’abord par l’Etat congolais, l’instauration de la journée du 02 Août comme une journée chômée, fériée et payée, …, l’inscription du Genocost dans le programme scolaire et dans les musées afin qu’il ne tombe dans les oubliettes », pouvait-on entendre du mémorandum.

L’objectif de l’organisation de cette manifestions a été également d’informer toute la communauté que les massacres des innocents se rapportent encore en RDC. Au cours de cette manifestation, plusieurs démonstrations ont été au rendez-vous. A travers l’exposition des œuvres artistiques dont les poèmes, la musique, etc., les acteurs ont porté haut la voix du Peuple congolais, longtemps meurtri. Par la même production, ils ont recommandé à la population de prendre conscience pour se garantir l’avenir.

C’est que la République Démocratique du Congo s’est déjà engagée dans une campagne pour faire reconnaître à l’international l’existence d’un « génocide économique au Congo ». Mais, selon nombreux observateurs, la voix de la République démocratique du Congo ne pourra se faire entendre sur la scène internationale qu’à travers l’engagement coordonné de tous les acteurs concernés, institutions, sociétés civiles, communautés et partenaires.

Patrick Kalungwana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *