RDC : L’ONU recense 524 violations des droits humains en mars, l’AFC/M23 et les FARDC cités en tête des auteurs présumés

Le rapport mensuel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH/UNJHRO) fait état de 524 violations et atteintes aux droits humains documentées en RDC en mars 2026. Le chiffre est en hausse de 13% par rapport à février, où 478 cas avaient été recensés.

Selon le document publié ce jeudi 11 Juin 2026, 451 violations, soit 83% du total, ont été enregistrées dans les provinces affectées par le conflit. Le Sud-Kivu arrive en tête avec 98 cas, suivi de l’Ituri et du Nord-Kivu avec 60 cas chacun, puis du Maniema avec 6 cas. Le BCNUDH souligne une forte concentration des atteintes dans le Nord-Kivu.

Les provinces dites non affectées par le conflit ne sont pas épargnées. 73 cas y sont documentés, soit une hausse de 106% par rapport à février. Kinshasa compte 25 cas, le Haut-Katanga 12 et la Tshopo 8. Le rapport attribue ces violations majoritairement à des agents de l’État.

Les groupes armés sont cités comme auteurs présumés dans 63% des cas documentés. L’AFC/M23 est mentionné pour 189 violations, selon le BCNUDH. Suivent les Wazalendo avec 39 cas, les ADF avec 24 cas et les Nyatura avec 21 cas.

Les agents de l’État représentent 37% des cas. Les FARDC sont citées pour 98 violations, la Police nationale congolaise pour 65 cas et l’ANR pour 6 cas. Les groupes armés demeurent les principaux vecteurs d’atteintes dans les zones de conflit, mais les institutions étatiques contribuent également de manière significative au volume global des violations, précise le rapport.

Le BCNUDH a documenté 70 victimes de violences sexuelles liées au conflit en mars. 84% des cas sont attribués à des groupes armés et 16% à des agents de l’État. Les victimes sont en majorité des femmes et des filles. L’ONU parle d’une violation grave et persistante malgré une baisse apparente.

L’espace civique se rétrécit. 21 violations des libertés civiques et politiques sont recensées, en hausse par rapport à février. Elles concernent des restrictions à la liberté d’expression, des entraves aux manifestations pacifiques, des arrestations arbitraires et des intimidations visant des défenseurs des droits humains, des journalistes et des acteurs de la société civile.

Le rapport cite un exemple de poursuite en mars : la condamnation par la justice militaire d’un militaire des FARDC à 10 ans de servitude pénale principale pour meurtre. Le BCNUDH salue des avancées mais estime que les efforts « doivent se poursuivre pour garantir l’effectivité de la justice et la réparation des victimes.

En mars, 778 personnes ont été formées par le BCNUDH : autorités étatiques, forces de sécurité, membres de la société civile et acteurs judiciaires.

 Lee Sadiki Kajibwami

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