RDC : Magloire Paluku, figure médiatique et cadre de l’AFC/M23, assassiné à Goma

Magloire Paluku Kavunga, ancien journaliste et conseiller chargé de la communication et de la culture au sein du mouvement AFC/M23, a été tué par balle mercredi 10 décembre 2025 à Goma, dans des circonstances encore partiellement élucidées, ont rapporté plusieurs sources concordantes.

Selon des témoins et des informations relayées par la presse locale, des hommes armés non identifiés ont ouvert le feu sur Paluku devant sa résidence, le touchant à plusieurs reprises. Il est décédé sur place ou peu après avoir été transporté à l’hôpital, sans que les autorités ne révèlent encore de détails complets sur les auteurs ou les mobiles exacts de l’attaque.

Né le 12 décembre 1966 à Butembo, Magloire Paluku s’était imposé comme une figure influente de la scène médiatique de l’Est de la RDC. Avant son engagement politique, il avait marqué de son empreinte le paysage culturel et journalistique de la région en tant que directeur fondateur de Radio Kivu 1 et Kivu 1 Télévision, deux plateformes reconnues pour leurs débats politiques, leurs émissions culturelles et leur proximité avec l’opinion publique locale.

Son parcours professionnel l’a également conduit à servir au sein du Ministère de la Culture de la RDC, avant de faire un choix controversé en 2025 en rejoignant le mouvement rebelle AFC/M23 comme conseiller en communication et culture. Cette transition, de journaliste indépendant à cadre au sein d’une rébellion, avait suscité de nombreux débats et réactions au sein de l’opinion publique.

Sa contribution dans le gouvernement et dans le mouvement

Tout au long de sa carrière, Paluku a œuvré pour la promotion de la culture locale, la liberté d’expression et l’expression médiatique dans une région souvent marquée par des conflits prolongés. Son passage au Ministère de la Culture avait été salué pour son effort à valoriser les arts et les médias congolais.

Son adhésion à l’AFC/M23 en 2025 a été interprétée par certains comme une volonté d’apporter une voix culturelle et communicative au mouvement, tandis que d’autres y voyaient un tournant politique plus controversé, compte tenu des tensions dans l’Est du pays.

Réactions et communiqué du mouvement AFC/M23

Peu après l’annonce de sa mort, une communication attribuée au mouvement AFC/M23 a circulé sur les réseaux sociaux confirmant le décès de Magloire Paluku, tout en appelant à la paix et en demandant à Dieu de veiller sur son âme. Toutefois, certains observateurs ont noté que ce communiqué, largement partagé, n’était pas formellement authentifié par une source officielle du mouvement.

Dans une autre déclaration relayée par des médias internationaux, le porte‑parole de l’AFC/M23 a condamné le *meurtre criminel de son conseiller, affirmant que des investigations étaient en cours pour identifier les responsables. L’organisation a salué l’engagement de Paluku pour la “justice sociale et la coexistence pacifique des Congolais

Un impact profond dans une région en crise

La mort de Magloire Paluku survient dans un contexte de violences persistantes dans l’Est de la RDC, notamment autour de l’offensive de l’AFC/M23, qui a provoqué des déplacements massifs de populations et une détérioration de la situation humanitaire.

Figure charismatique de la scène culturelle et médiatique, Paluku laisse derrière lui un héritage complexe entre promotion culturelle, journalisme engagé et implication dans un mouvement armé, à une époque où les lignes entre engagement politique et activisme social restent fortement débattues.

Dans une déclaration publiée sur ses plateformes, Promesse Matofali, l’un des leaders Polituque Nande, a fermement condamné cet assassinat, rappelant que « la vie humaine est sacrée, quels que soient nos choix ou appartenances politiques ». Il a appelé la justicede faire son travail et de dénicher le coupable pour qu’ils paient de leurs actes, insistant sur le respect de la dignité humaine et la primauté du droit.

Un contexte sécuritaire tendu

La mort de Magloire Paluku intervient alors que les tensions s’aggravent dans le Nord et Sud-Kivu, dans un contexte d’avancée militaire de l’AFC/M23 et de désorganisation des structures étatiques dans plusieurs zones. Les organisations de défense des droits humains appellent à une enquête indépendante pour établir les circonstances de sa mort.

Ahadi Ibrah

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