
Dans un contexte économique particulièrement tendu et marqué par la fermeture des institutions bancaires dans les zones sous leur contrôle, les hommes de l’AFC/M23 viennent d’annoncer une baisse significative des prix des documents migratoires, notamment le document de libre circulation dans les pays membres de la Communauté économique des pays des grands lacs, CEPGL en sigle, et du tenant lieu de passeport.
Cette mesure survient alors que les populations locales, déjà confrontées à la flambée des prix, à l’instabilité monétaire et à la paralysie du système financier, peinent à accéder à leurs épargnes et à effectuer des opérations courantes. En réduisant le coût des documents de voyage, l’AFC/M23 semble vouloir alléger la pression financière sur les citoyens tout en renforçant sa main mise administrative sur les zones occupées.
Nouveaux tarifs officiels
CEPGL pour 5 USD avec une validité d’une année. Le tenant lieu de passeport à 25 $ (pour adulte) et 10 $ (mineur) avec une validité de 3 mois.Cette baisse des prix pourrait être perçue comme une tentative de gagner la confiance de la population. Mais elle soulève aussi des interrogations sur la légalité et la reconnaissance internationale de ces documents.
Pendant ce temps, l’économie locale tourne au ralenti, les opérateurs économiques et les citoyens ordinaires étant contraints de fonctionner dans un système informel de plus en plus fragile. La crise bancaire actuelle accentue davantage la vulnérabilité des habitants, déjà pris en étau entre combats, chômage et dépréciation du Franc congolais.
Pour rappel, la CEPGL coûtait 10$+5000fc alors que le tenant lieu revenait à 45$.
Ahadi Ibrah