Beni-Lubero : des déplacés de guerre dénoncent un laisser-faire dont bénéficient les tueurs présumés ADF à Vurondo et Mwenye

Plusieurs entités du groupement Mwenye, à savoir Mausa, Masoyi, Musenge, etc., dans la chefferie de Baswagha, en territoire de Lubero sont vides de leurs occupants. La situation est la même au village Ngangatira de la localité de Vurondo dans le groupement Malio, territoire de Beni, au voisinage de Mwenye. Cela arrive après que les porteurs d’armes associés à l’Allied Democratic Forces ont commis des dommages dans ces entités, respectivement la nuit de Samedi 24 à Dimanche 25 Janvier et le Lundi 26 Janvier 2026. Ces semeurs de troubles y opèrent librement, dénoncent les déplacés de guerre en refuge en ville de Butembo.

Cette réalité a été partagée, ce Mercredi 28 Janvier 2026, par les déplacés venus des entités insécurisées de Mwenye et Vurondo. C’était au cours d’une table ronde que la Nouvelle Société Civile du Congo, NSCC-Butembo, a programmée au stade ESCO-Butembo, à l’intention de ces vulnérables. La rencontre visait à intéresser tous les partenaires de la sécurité à intervenir pour le rétablissement de la paix au Nord-ouest du territoire de Lubero et au Sud-ouest du territoire de Beni.

Dans les faits, les déplacés de Mwenye décrivent des entités telles Mausa, Masoyi et Musenge comme fantômes. La présence des FARDC et des Wazalendu y est perceptible mais moins efficace face aux semeurs de troubles, explique Ingénieur Paluku Wasaki Georges, leader communautaire de Mwenye et actuellement en asile à Butembo.

« Auprès du Gouvernement, nous sollicitons, l’implication pratique. A Mwenye et Masoyi, le Gouvernement est bien représenté, par le biais des FARDC, presque partout, dans tous les villages, mais nous ne sentons pas leur intervention. En dépit de leur présence là-bas, l’ennemi est en train de circuler librement, comme s’il n’est pas poursuivi. L’ennemi tue les gens en présence ou à quelques mètres des FARDC. Nous alertons sur la présence de l’ennemi, mais, malheureusement, sans succès », s’est désolé Paluku Wasaki Georges.

Du côté de Vurondo, c’est un calvaire similaire vécu depuis Lundi dernier. Ce jour, à Ngangatira, des affrontements entre Wazalendu et présumés ADF ont été rapportés. Les habitants ont fui, les forces loyalistes ont replié, laissant sur place l’ennemi en électron libre, alerte Masika Mweghema Gentille, Présidente des Forces vives de Vurondo.

« Nous vivons difficilement. Nous souffrons, nous manquons quoi faire, puisque nous avons tout laissé à Vurondo. Nous avons des groupes des Wazalendu à Vurondo, mais les Wazalendu qui ne travaillent pas. Nous demandons à notre Gouvernement de venir enlever tous ces groupes de notre milieu. Ils ne nous aident en rien. Les rebelles venaient de faire deux jours. Nous avons alerté sur leur présence à Ngangatira, près de nous. Mais il n’y a pas eu d’intervention de la part des FARDC. Nous manquons quoi faire, quoi manger et où dormir », rapporte la source.

Les déplacés de Mwenye et Vurondo sollicitent l’intervention de bonnes volontés pour les sortir des conditions de vulnérabilité. Ils plaident pour que les personnes portées disparues dans ce contexte soient retrouvées. En outre, ils craignent pour l’approvisionnement de Butembo en vivres, puisque des milieux de production, dorénavant, inaccessibles. C’est pourquoi, ils plaident pour la restauration de l’Etat et de la sécurité chez eux, mais surtout pour l’éradication des malfaiteurs.

Patrick Kalungwana

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