Butembo : 28 ans après les massacres de Kikyo, les survivants réclament toujours justice.

Vingt-huit ans après les massacres de Kikyo survenus en 1998, les survivants continuent de porter le poids du passé et d’exiger justice. Une messe commémorative a été célébrée ce mardi à la paroisse catholique Saint-Sacrement de Lyambo, en ville de Butembo, en mémoire des victimes de ces violences.

Initiée par le Comité des victimes survivantes des massacres de Kikyo, cette cérémonie a réuni fidèles, autorités locales et membres de la société civile, tous venus honorer la mémoire des disparus et exprimer leur solidarité envers les survivants.

Dans son homélie, l’abbé Mbokani Jean-Marie a appelé à un engagement collectif en faveur de la paix. Il a invité les participants à s’impliquer activement dans les efforts de stabilisation de la région, tout en saluant les initiatives de ceux qui œuvrent pour le retour de la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Au cœur de cette commémoration, le devoir de mémoire. Prenant la parole, le représentant des survivants Junior Mastaki Bahati a rappelé les atrocités commises entre février et avril 1998 : exécutions sommaires, violences sexuelles et traitements inhumains attribués aux éléments de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL).

Malgré les années écoulées, les attentes restent intactes. Les survivants dénoncent l’absence de poursuites judiciaires contre les présumés responsables et le manque de réparations pour les victimes. « La justice tarde, mais la mémoire reste », semble être le message porté par cette commémoration.

En parallèle, les représentants des élus de Butembo et du territoire de Beni ont exprimé leur compassion envers les populations actuellement confrontées à l’insécurité dans les zones de Beni-Lubero et en Ituri. Ils ont insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité, condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.

À travers cette cérémonie, les survivants de Kikyo rappellent que le devoir de mémoire ne se limite pas au souvenir, mais constitue également un appel à l’action pour que de tels drames ne se reproduisent plus.

Hermaine Kasienene

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