
Depuis le 23 mars 2026, la mesure annoncée par la Direction Générale de Migration (DGM) du Nord-Kivu est effectivement en vigueur. Tout usager souhaitant se rendre de Goma à Gisenyi doit désormais s’acquitter d’un jeton frontalier de 3.000 FC, valable 72 heures.
Si cette mesure vise officiellement à « faciliter la circulation transfrontalière et mieux contrôler les mouvements migratoires », sur le terrain, elle pèse lourdement sur les populations locales, en particulier les petits commerçants et femmes commerçantes qui franchissent la frontière quotidiennement pour acheter ou vendre des produits alimentaires comme les tomates, haricots et autres légumineuses.
Une charge financière qui freine le commerce de proximité: Une mesure qui n’aide pas les plus vulnérables
« Nous s’offriront terriblement Madame la journaliste, imagine moi mon capital est de 10 000fc, si Dieu me béni par jour dans un bassin je peux gagner un profit de 2500 ou 3000fc sans compter d’énormes pertes: tomate pouris (communément appelées Biponda) c’est la que je dois regarder pour répondre à tous les besoins de la famille. Maintenant quand on nous demande de chaque fois payer un jeton à 3000fc c’est tuer notre petit comme. C’est impossible pour nous » à fait savoir Anouarite Kazima, vendeuse de tomates se confiant à plumedukivu.net.

Egalement pour d’autres acteurs économiques, qui représentent une part importante de l’approvisionnement en produits de première nécessité, le coût du jeton devient rapidement prohibitif. Certaines familles, qui effectuent plusieurs allers-retours par semaine, dépensent jusqu’à 90.000 FC par mois uniquement pour ce jeton. Ce montant ne fait qu’aggraver la fragilité économique des ménages déjà confrontés à l’insécurité et à la hausse des prix.
Beaucoup dénoncent un système qui favorise les grands acteurs économiques ou les transporteurs, mais qui ne prend pas en compte les petits commerçants, essentiels à l’approvisionnement local. Pour eux, cette mesure devient un obstacle supplémentaire dans une région où la vie quotidienne est déjà marquée par la peur et la précarité. De nombreux habitants se demandent comment survivre économiquement tout en respectant cette nouvelle taxe.
À Goma, la frontière n’est plus seulement un passage géographique, mais aussi un véritable poids financier qui menace la survie des petits commerçants et de leurs familles.
Ahadi Ibrah