
Le Tribunal militaire de Butembo a condamné à mort 3 militaires et acquitté 2 civils à l’issue d’un procès en flagrance. L’issue du procès a vécu vers 19 heures 40 minutes de Lundi 15 décembre 2025, après deux jours d’instruction au rond-point SIPA sur l’axe Mutiri, dans la commune Bulengera. L’affaire concernait des infractions criminelles à Butembo.
A l’issue de ce procès, l’on a eu des acquittements et des condamnations. Les personnes acquittées sont un homme et une femme, tous des civils. Le premier, c’est Kakule Kisando Souriant. Vendeur dans une station « TORA », il était présumé d’être receleur des biens pillés par des militaires. Mais, aucune preuve n’a attesté cette accusation. D’où, son acquittement. La deuxième personne acquittée, c’est la nommée Mbongo Ekambo Bellevie. Épouse d’un militaire en fuite, elle est relaxée étant donné qu’elle ne peut pas endosser l’infraction de son mari.
Dans son jugement lu par le Juge Capitaine Kazadi Kabunda Serge, le Tribunal s’est réservé de statuer sur la cause des militaires aussi attendus dans ce procès mais ils sont en fuite. Il s’agit des soldats de deuxième classe Balowa alias Modero, Bakachu, Mulamba Richard, Mukalay Alias Chekeleche, Ilole Franck gardien du Maire présenté comme élément important de ce réseau, Lidyo, Kokota Losandjo Etienne, tous du 3416e régiment. L’instance judiciaire s’est réservée de les poursuivre vu que la procédure de flagrance concerne les prévenus présents. Mais il y a eu un total de 3 condamnés à mort dans ce procès. Il s’agit des militaires Mbuyi Kadima Thomas, Makenga Makenga Macaire et Yalukumbi Kandolo Dieumerci du même régiment. Ils ont été reconnus coupables de meurtre, tentative de meurtre, association de malfaiteurs et vol à mains armées. Ceux-ci ont été également renvoyés des rangs des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Sur place, ils ont été dépouillés des tenues militaires. S’agissant de l’action des parties civiles, le Tribunal l’a déclarée fondée. Résultats, il a demandé aux prévenus coupables de payer chacun 3 000 $ à Kasereka Kitambala Claude, fils de l’homme tué par balle. Ceux-ci doivent aussi payer chacun 1 000 $ au blessé Kambale Kyaviro Jean-Louis.
Il faut dire qu’avant les plaidoiries et les prétentions des parties, le réquisitoire du Ministère public, une quinzaine de personnes ont témoigné des actes de pillage dont ils ont été victimes les jours passés à l’hôtel MZ de Vutetse-Kalimbute, dans une cafétéria au rond-point SIPA et dans d’autres endroits publics.
Verdict salué par les forces vices de Bulengera
La société civile, Forces vives, noyau de la commune Bulengera, salue la justice militaire de Butembo pour la souplesse dans l’organisation des audiences publiques à Bulengera.
« C’était notamment un procès à la suite de la criminalité qui a régné au quartier de l’Evêché. La situation a été même à la base de la mort de Kasereka Kitambala Claude. Pour nous ces audiences, constituent aussi une pédagogie pour les potentiels criminels qui seraient encore au sein de la communauté. Ça a été également une occasion pour donner une peine exemplaire à ces militaires qui ont causé la terreur à Bulengera. Bien plus, en organisant ces genres d’audience, ça renforce l’image de nos services de sécurité, parce que, ce qui est vrai, les brebis galeuses sont toujours dans la communauté. C’est pourquoi nous saluons l’aboutissement de ces audiences. Toutefois, nous émettons notre crainte par rapport aux condamnés fugitifs. Ils sont encore nuisibles pour la société. Il faudrait que la justice militaire les retrouves et les mette en détention. Aussi, nous voudrions que les dommages soient vite remis aux victimes », a opiné Paluku Kameta John, Président des forces vives de Bulengera.
Rappel des faits
Ces militaires ont été maîtrisés après l’incursion survenue au Centre d’accueil PARIS situé près du Centre diocésain de Catéchèse en cellule Londo du quartier de l’évêché en commune de Bulengera à Butembo.
Ce jour-là, le maçon Kakule Kadwaka Shalyateka, père de 10 enfants a été tué par balle. Et Kambale Kyaviro Jean-Louis a été blessé par balle. Ceux-ci voulaient poursuivre les bandits-militaires qui venaient d’extorquer argent et téléphones. Cette opération est la énième que cette bande venait de signer dans la ville.
Patient Akilimali & Patrick Kalungwana