
Le gouvernement congolais intensifie ses efforts pour restaurer les moyens de subsistance des populations vivant dans les zones récemment libérées de l’occupation des rebelles AFC/M23. Cette annonce a été faite ce mardi 31 mars 2026 à Butembo, lors d’une conférence de presse animée par Mbusa Kayithula Jean de Dieu, expert en communication au cabinet du ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire.
Dans un contexte marqué par une accalmie progressive sur le plan sécuritaire, notamment après le retrait amorcé des forces d’agression dans plusieurs entités du territoire de Lubero et sur le littoral du lac Édouard, le gouvernement mise désormais sur la relance agricole pour stabiliser durablement ces zones. Ce retrait, présenté comme le fruit de la diplomatie menée par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, ouvre la voie à des interventions d’urgence en faveur des populations affectées.
Sur le terrain, les premières actions se traduisent déjà par la distribution d’intrants agricoles. À Kipese et dans ses environs, plus de 14 tonnes de semences améliorées de maïs ont été remises aux coopératives locales. À cela s’ajoutent des semences maraîchères, notamment de choux, oignons, poireaux et carottes, ainsi qu’une annonce imminente de distribution de semences de pomme de terre.
Dans la zone de Lunyasenge, au bord du lac Édouard, plus de 5 tonnes de semences de riz ont également été distribuées gratuitement aux agriculteurs, avec pour objectif de renforcer la production locale et lutter contre l’insécurité alimentaire persistante.
Au-delà de ces interventions d’urgence, le gouvernement affiche une vision à long terme axée sur la transformation du secteur agricole. Sous l’impulsion du ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo, l’accent est mis sur la promotion des cultures pérennes telles que le cacao, le café et le palmier à huile. L’ambition est claire : positionner la République démocratique du Congo parmi les leaders mondiaux de production agricole, notamment en matière de cacao, dans les années à venir.
Cette dynamique s’inscrit dans une volonté de redonner à l’agriculture sa place centrale dans l’économie nationale. Longtemps négligé, ce secteur attire désormais un intérêt croissant, en particulier chez les jeunes, qui y voient de nouvelles opportunités économiques.
Par ailleurs, le gouvernement rassure les populations d’autres zones encore affectées, notamment Rutshuru, Masisi et Nyiragongo. Des stocks importants de semences sont déjà disponibles à Beni et seront acheminés dès que les conditions sécuritaires le permettront.
À travers ces initiatives, les autorités congolaises entendent envoyer un message fort : celui d’un engagement ferme en faveur de la reconstruction et de la résilience des communautés de l’Est du pays.
Hermaine Kasienene