
Dans un métier d’hommes, Ahadi Ibrah, journaliste camerawoman, défie les stéréotypes et les obstacles. De la colline de Kavitero à la télévision, elle raconte son parcours fait de détermination, de talents multiples et d’une foi inébranlable en son rêve. Découvrez l’histoire inspirante de cette femme qui capture l’instant, défend la vérité et porte haut la voix des sans-voix.
Le métier de journaliste camerawoman, un chemin de croix pavé de sacrifices et de détermination. Chaque instant, chaque écho, chaque onde de notre parcours est marqué par la quête désespérée de l’image parfaite, du moment décisif qui immortalisera l’événement et changera peut-être le cours de l’histoire.
Nous courons, nous rampons, nous nous exposons, pour ne pas louper l’action, pour capturer l’essence de l’histoire, pour donner voix aux sans-voix. Les heures sont longues, les conditions sont difficiles, les blessures sont profondes, mais la passion nous consume, nous pousse à continuer, à témoigner, à montrer au monde ce que nous avons vu, ce que nous avons vécu.Nous sommes les témoins de l’instant, les gardiens de la mémoire collective, les porteurs de la flamme de la vérité. Chaque image, chaque vidéo, chaque reportage est un cri du cœur, un témoignage de notre engagement à dire la vérité, à montrer la réalité, à faire entendre les voix qui ne sont pas entendues, à dénoncer l’injustice, à défendre la dignité humaine.
Notre métier n’est pas pour les faibles, il exige du courage, de la résilience, un cœur solide et une âme sensible. Mais au-delà de la fatigue, de la peur et des doutes, il y a la satisfaction profonde de savoir que notre travail peut changer les choses, que nos images peuvent inspirer, informer, émouvoir, guérir.
Nous sommes les journalistes cameramans, les artisans de l’instant, les gardiens de l’histoire, les soldats de la vérité. Nous sommes fiers de notre métier, fiers de notre parcours, et nous continuerons à courir, à filmer, à témoigner, quoi qu’il arrive, car nous savons que c’est notre devoir, notre mission, notre vocation.
Les défis et les avantages du métier de journaliste cameraman pour une femme
« En tant que femme journaliste-cameraman, j’ai rencontré de nombreux défis dans l’exercice de mon métier. Certains de ces défis sont liés à la perception du public, notamment dans nos traditions où les femmes sont souvent considérées comme incapables de réaliser certaines tâches au même titre que les hommes. Cela signifie que nous devons fournir deux fois plus d’efforts pour affirmer notre place et gagner la confiance de nos collègues et du public.
D’autres défis sont liés aux systèmes et aux structures, tels que : La sécurité personnelle : les femmes journalistes sont souvent exposées à des risques de violence, d’enlèvement, de viol et de harcèlement, notamment dans les zones de conflit; les stéréotypes et le sexisme : nous devons faire face à des préjugés et des attitudes sexistes qui peuvent nous empêcher de réaliser notre travail de manière efficace; l’équilibre entre travail et vie personnelle : il peut être difficile de concilier les exigences du travail avec les responsabilités familiales et personnelles; le harcèlement en ligne : les femmes journalistes sont souvent victimes de harcèlement en ligne, ce qui peut affecter leur santé mentale et leur capacité à travailler. Cependant, malgré ces défis, le métier de journaliste-cameraman offre également de nombreux avantages. Il nous a forgés une forte discipline, de la résilience et de la persévérance. Il nous a permis d’entrer en contact avec différentes catégories de personnes, de découvrir de nouvelles cultures et de partager des histoires importantes. En outre, ce travail nous a donné la possibilité de contribuer à la construction d’une société plus juste et plus équitable, en mettant en lumière les problèmes sociaux et en donnant une voix aux sans-voix.
En fin de compte, le métier de journaliste-cameraman est un défi, mais c’est également une opportunité de faire une différence positive dans le monde » conclu-t-elle.
Témoignage Cyprien Sangala
« 2005, à Kavitero en ville de Butembooù me suis retrouvé apres la guerre dans mon village natal à Biambwe en territoire de Luvero, je me souviens encore de cette jeune fille que je voyais descendre chaque Dimanche sois une soirée de la semaine dans une avenue pres de notre parcelle. Elle se rendait régulièrement à l’église CEPAC voisine pourà nous pour prier. À l’époque, elle n’avait qu’une douzaine d’années, mais déjà son allure frappait : un teint lumineux, une taille élancée, une grâce naturelle qui semblait annoncer un destin particulier. Aujourdhui, je suis heureux de vous partager ce temoignage 22 ans plus tard. En 2018, le hasard ou peut-être la providence m’a permis de la redécouvrir autrement. Cette fois-ci, ce n’était plus la fillette de la colline de la Rtnc sous station de Butembo, mais une voix affirmée qui résonnait à la Radio et Télévision des Grands Lacs de Butembo, à travers son émission Élan nouveau, espoir nouveau. J’ai alors compris que derrière cette fille familière se cachait une richesse de talents insoupçonnés. Un jour, elle m’a surpris avec une musique classique qu’elle venait d’enregistrer en studio. Le message était puissant : interpeller parents et enseignants à ne jamais négliger l’encadrement des enfants, car leur avenir en dépend. Cette démarche artistique, à la fois sensible et engagée, révélait une maturité rare. Peu après, une autre surprise m’attendait : je l’ai vue jouer à la batterie dans une église MESS de Butembo, preuve supplémentaire de sa polyvalence. Ainsi, Ibra AHADI s’est révélée comme une femme porteuse de talents multidisciplinaires. Journalisme, affaires politiques, entrepreneuriat, musique… elle incarne une énergie créatrice qui dépasse les frontières d’un seul domaine. Sa trajectoire est celle d’une enfant remarquée pour sa grâce, devenue une adulte admirée pour son talent et sa capacité à inspirer. Son franch parlé plein de sagesse, sa capacité de surmonter les surprises de la vie faait d,elle une femme inspirante « .
Rédaction