
Gisenyi, décembre 2025 – La ville rwandaise de Gisenyi a accueilli du 24 au 28 Novembre 2025 un camp régional des jeunes pour la paix, une initiative conjointe du Club des Jeunes pour la Vie (CJV-RDC) et de Vision Jeunesse Nouvelle (VJN-Rwanda). Avec l’appui financier et technique de la GIZ, via son programme ZFD (Service Civil pour la Paix), l’activité a réuni des jeunes venus de Goma (RDC) et de plusieurs localités du Rwanda autour du thème : « Halte aux stéréotypes, aux fake news et aux manipulations identitaires en milieu des jeunes ».Une ouverture solennelle placée sous le signe de la fraternité.
La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par les mots de bienvenue des coordonnateurs du CJV et de VJN. Ceux-ci ont mis en lumière la nécessité d’un dialogue sincère entre les jeunes des deux pays pour bâtir une paix durable.
M. David, représentant du programme ZFD/GIZ, a prononcé le mot d’ouverture officiel. Il a souligné l’importance de telles initiatives dans un contexte transfrontalier marqué par la méfiance, les tensions identitaires et la désinformation.
Des ateliers riches et interactifs autour de la paix
Jour 1 : La journée a débuté par une présentation des participants, suivie d’une session animée par Me Jackson Batumike sur le contexte transfrontalier RDC–Rwanda. L’échange a permis aux jeunes d’identifier les sources historiques des malentendus persistants entre les peuples voisins. Un pré-test a été soumis aux participants pour mesurer leur niveau de compréhension initial et recueillir leurs attentes personnelles.

Jour 2 : La réflexion s’est orientée vers la pensée critique comme outil de prévention des conflits, en lien avec la construction d’une culture de paix. Les participants ont été outillés sur la capacité à analyser les informations reçues, et à faire face aux messages biaisés ou haineux.

Jour 3 : Mme Célia, experte en communication, a animé des sessions sur les discours de haine, les fausses nouvelles, le rôle des médias sociaux dans la consolidation de la paix, et l’impact de la communication dans la prévention des conflits. Des discussions en plénière ont permis d’illustrer ces notions à travers des exemples vécus.Renforcer les liens par le sport et la culture
Jour 4 : Des travaux en groupes ont été organisés, avec une restitution collective. Les jeunes ont proposé des pistes concrètes d’actions pour lutter contre la désinformation et promouvoir l’unité. Un match amical a été organisé entre les équipes mixtes de Goma et Gisenyi.


Une clôture en beauté avec la soirée culturelle.
Jour 5 : La rencontre s’est achevée sur une soirée culturelle festive, mettant en valeur la diversité des traditions, des chants, danses et témoignages de paix. Un moment fraternel où la jeunesse a célébré ses différences comme une richesse commune, et non comme une source de division.
Une jeunesse engagée pour la paix durable
Ce camp régional a prouvé qu’au-delà des frontières, les jeunes peuvent être des vecteurs de paix, de dialogue et de vérité. Grâce à la formation, à l’échange d’expériences et au renforcement des capacités, la jeunesse de Goma et Gisenyi repart mieux équipée pour faire barrage aux discours haineux et aux manipulations identitaires.
Hommage au mémorial des victimes : un moment de recueillement fort

En marge des activités du camp, les participants se sont rendus à la Commune Rouge pour s’incliner devant le mémorial des victimes de massacres. Ce moment de recueillement et d’hommage a permis aux jeunes venus du Rwanda et de la RDC de se connecter à l’histoire douloureuse de la région, de réfléchir sur les conséquences des conflits passés et de réaffirmer leur engagement à œuvrer pour une paix durable, fondée sur la mémoire, la justice et la réconciliation. Un geste fort, porteur de sens, dans un contexte de renforcement des liens transfrontaliers et de lutte contre l’oubli.
Des témoignages marquants qui soulignent l’importance de l’initiative.

Brandon, un participant résident à Gisenyi, s’est exprimé à notre micro : « Ce n’est pas la première fois que je prends part à ce genre d’atelier, mais je félicite vivement les organisateurs, d’abord pour le choix du thème et des sujets abordés. C’était vraiment opportun, surtout au regard de la tension que vivent nos deux pays, notamment dans les villes transfrontalières de Goma et Gisenyi. Les interventions ont été traitées avec beaucoup de profondeur. Ma recommandation serait d’élargir cette initiative au Burundi et à l’Ouganda. »

Ornella, une participante congolaise, partage le même point de vue et renchérit : « Nous sommes reconnaissants envers les organisateurs pour cette formation. J’ose croire que si ceux qui nous ont précédés avaient eu accès à de tels enseignements, il n’y aurait peut-être pas autant de conflits entre nos peuples. Nous héritons souvent de tensions anciennes. Pour ma part, je m’engage à être artisan de paix dans mon entourage et à bannir les stéréotypes». Ces témoignages traduisent la portée transformatrice de ce camp, où la jeunesse devient actrice de changement.
À la clôture du camp régional des jeunes pour la paix à Gisenyi, les organisateurs ont procédé à la remise des brevets de participation à tous les jeunes présents. Un geste symbolique qui marque non seulement la fin de cinq jours riches en échanges et apprentissages, mais aussi la reconnaissance de leur engagement en faveur de la paix, de la lutte contre les stéréotypes et la désinformation.

Les bénéficiaires ont salué cette marque d’encouragement, promettant de mettre en pratique les acquis du camp dans leurs milieux respectifs.
CJV et VJN s’engagent à capitaliser sur cette dynamique pour renforcer la coopération régionale entre jeunes et multiplier les espaces d’expression pour une paix durable en Afrique des Grands Lacs, l’a fait savoir Me Serge Kashagarhiro Aurel.
Ahadi Ibrah