
Interrogés à ce sujet, ce Jeudi 13 Février 2025, les habitants du chef-lieu du Nord-Kivu, actuellement occupé par la rébellion, ont émis des avis partagés.
Avis salutaires
« Depuis que le Salongo (travaux communautaires) est devenu très obligatoire et surveillé par les éléments du M23, dans cette ville, tout le monde s’y intéresse. Exemple de la semaine passée : la ville, qui était sale à cause des débris liés à différentes destructions, se rend progressivement propre. Je n’ai jamais vu un Salon aussi réussi que ceux de ces jours dirigés par le M23-RDF-AFC. Une action réussie juste après la diffusion d’un seul communiqué dans les media. (I)
Il y a eu une période passée, tu ne pouvais pas voir une moto circuler après 18 heures. Les autorités estimaient que c’est nous les conducteurs qui facilitions les assassinats dans la ville. Pourtant, c’est le soir que nous gagnions de l’argent dans nos courses. Actuellement, depuis l’arrivée du mouvement M23-RDF-AFC, nous travaillons sans être inquiétés. (II)
Nous conduisons les taxi-bus. Nous sommes actuellement satisfaits parce que, au moins, il n’y a plus de tracasseries des éléments de la police, plus aussi d’embouteillage sur la route. Chacun se met en ordre sans qu’il n’y ait un policier de roulage sur la route. (III)
Les routes d’approvisionnement des vivres en ville de Goma sont ouvertes et les camions arrivent sans problème, grâce aujourd’hui on peut dire aux nouveaux occupants. (IV)
Avis décrivant le calvaire
Cette rébellion est une nouvelle colonisation d’un peuple par un autre qui n’utilise que les fils du terroir pour atteindre ses objectifs malveillants. L’histoire refait encore sur face. En 1997, Laurent Désire Kabila a commis la même erreur qu’il voulait corriger à la fin. Rappelez-vous le résultat ? Il avait perdu sa vie. Je pense que la lutte serait noble si elle n’avait pas fait intervenir les étrangers et moins encore un pays avec le quel nous vivons en inimitié depuis la nuit des temps. Aujourd’hui cette occupations du M23 plonge la ville dans un cao sans précédent. À côté des nombres des morts que nous avons enterrés, il y a la famine, la crise économique qui commencent déjà à avoir des répercussions sur d’autres villes du pays. Il y a également de nombreux blessés, des familles séparées, un taux de chômage qui s’accroît car les gens ont perdu du boulot, le pillage s’enregistre tous les jours. (V)
La ville de Goma, économiquement parlant, recule de 10 ans, avec les troubles occasionnés par le M23. Alors que c’était déjà une ville qui commençait à se démarquer par son développement. Je pense qu’un citoyen digne de son nom ne peut jamais applaudir cette occupation, peu importe la cause. Tous sommes indignés de ce qui se passe avec le pouvoir de Kinshasa, mais ce n’est pas de cette manière qu’on devrait régler le problème. (VI)
Les incursions nocturnes continuent toujours d’être enregistrées dans certains quartiers de la ville de Goma, des vols, viols et tueries. C’est devenu du pire-pire. (VII)
Pendant ce temps, l’autorité de l’État est totalement absente dans la ville de Goma et environs. Conséquences, les habitants vivent sous joug des éléments du M23-RDF-AFC. C’est avec impatience que les habitants du chef-lieu du Nord-Kivu attendent un ouf de soulagement, le plus urgemment possible.
Ahadi Ibrah