
Biambwe, groupement Manzia, Nord-Kivu, mardi 13 janvier 2026 La cité de Biambwe, chef-lieu du groupement Manzia en chefferie des Baswagha (territoire de Lubero), a connu sa première attaque ce mardi matin. Des présumés rebelles ADF, s’exprimant en lingala, ont tendu une embuscade meurtrière à des civils qui se rendaient aux champs dans la zone de Musithu, située à environ 30 minutes à pied au nord du centre de Biambwe.
Selon des sources locales, quatre corps sans vie ont été découverts sur le tronçon Makuta–Malulu, tandis que plusieurs autres civils ont été kidnappés et emmenés de force dans la brousse. L’attaque survient alors qu’une alerte d’infiltration ennemie avait déjà provoqué une grande panique la veille, vers 21h, dans le quartier Kaghumo, à la sortie ouest de la cité.
Une situation alarmante
Ces événements tragiques marquent une nouvelle étape dans la détérioration sécuritaire de Biambwe, qui subit une deuxième attaque en l’espace d’un mois et demi, confirmant la fragilité persistante de cette zone pourtant considérée comme stratégique sur l’axe Manguredjipa.
Contacté depuis Kinshasa, le notable Cyprien Sangala a dénoncé un « forfait de trop ». Il a appelé les autorités à relever les Wazalendo en poste dans la région et à repenser la stratégie de sécurisation.

« Le gouverneur Somo Evariste doit comprendre que la solution ne viendra pas uniquement des armes, mais aussi de l’écoute des populations, des victimes et des témoins de ces massacres », a-t-il martelé.
Un climat d’abandon
L’attaque de ce mardi révèle une fois de plus la vulnérabilité des civils, exposés aux incursions récurrentes d’hommes armés dans une zone où l’État peine à restaurer son autorité. Des cas d’enlèvements, d’exécutions sommaires, d’incendies de maisons et de déplacements forcés sont devenus le quotidien d’une population épuisée et traumatisée.
Les forces vives locales et les leaders communautaires continuent d’appeler à des actions concrètes et urgentes pour mettre fin à ces violences.
« Ce sont toujours les innocents qui paient le prix fort. L’État doit agir pendant qu’il est encore temps », a déclaré un acteur de la société civile, sous anonymat.
Ahadi Ibrah