Nord-Kivu : plaidoyers des enfants et élèves de Butembo-Lubero pour la sécurité scolaire et la garantie du droit à l’éducation

À cause de l’insécurité, un très grand nombre d’enfants sont privés de leurs droits fondamentaux, en particulier le droit à l’éducation.C’est une réalité que le Parlement d’Enfant, PARDE Butembo-Lubero et la Coordination des Comités d’Elèves, COCEB, ont présentée au Directeur de la province éducationnelle de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, EDU-NC Nord-Kivu II. C’était au cours des activités célébrant la journée internationale de l’éducation 2026. Les apprenants ont, à la même l’occasion, plaidé pour la réponse rapide aux alertes communautaires sur la question de sécurité et de l’éducation.

Lors de la célébration de la journée internationale de l’éducation, Samedi 26 Janvier 2026, dans la salle polyvalente de l’Inspection Principale Provinciale, IPP Nord-Kivu II, les écoliers et élèves réunis au sein du PARDE Butembo-Lubero et de la COCEB ont dressé une situation sécuritaire anormale qui handicape les activités scolaires. Selon eux, aujourd’hui, dans le Grand Nord-Kivu, la résurgence de la guerre oblige des milliers d’enfants et leurs familles à fuir leurs villages abandonnant maisons, champs et écoles. Outre ce déplacement, l’on enregistre également des écoles détruites, incendiées ou occupées par des hommes armés ou des déplacés. Le monitoring du PARDE Butembo-Lubero et du COCEB décrit, par ailleurs, le nombre d’écoles attaquées, d’élèves affectés et de bâtiments détruits.

« Dans notre région, 88 écoles ont été affectées jusqu’en septembre 2025, touchant plus de 52 mille 587 élèves, dont 35 mille 038 garçons et 17 mille 549 filles », ont déclaré les deux structures de défense et protection des droits et intérêts des enfants.

La situation qui, alertent les enfants et les élèves, prive d’un droit essentiel, celui d’apprendre, de se construire, de rêver et de préparer l’venir. Et, poursuivent ces sources, la retombée de tout s’affiche dans une montée de recrutement des enfants dans les groupes armés, les travaux lourds, les violences économiques et violences basées sur le genre.

Recommandations pour la sécurité scolaire

De tout ce qui précède, les apprenants de Butembo-Lubero interpellent sur l’urgence, pour les autorités d’agir, sans tarder, afin de protéger l’éducation et l’avenir.  

« Cela étant, nous demandons à son Excellence Monsieur le Gouverneur Militaire de la province du Nord-Kivu le renforcement de la sécurité des écoles sur l’étendue de la province du Nord-Kivu, en mettant de la distance entre les camps des porteurs d’armes et les écoles, l’interdiction de toute occupation des écoles par les militaires et autres porteurs d’armes, la mise en place d’un mécanisme provincial d’alerte rapide pour signaler toute attaque ou menace contre une école (un numéro vert disponible dans toutes les écoles et accessible à tous) et la création d’un cadre de dialogue régulier entre l’autorité provinciale et les enfants, via le Parlement d’Enfants, pour suivre les situations de protection et d’éducation des enfants », plaident le PARDE Butembo-Lubero et le COCEB.

Auprès de Madame la Coordonnatrice Provinciale en charge de l’Education et de la Jeunesse, les apprenants de Butembo-Lubero plaide pour l’initiation des écoles temporaires dans les milieux d’accueil des déplacés afin d’éviter les interruptions prolongées de la scolarité des enfants et du renforcement des capacités des enseignants dans les écoles temporaires initiées. Au directeur provincial de l’éducation nationale en province éducationnelle Nord-Kivu 2, ils demandent un mécanisme approprié, et en urgence, de récupération des enfants déplacés nouvellement arrivés à Butembo. Aux organisations humanitaires et partenaires à la province du Nord-Kivu, il faut un appui global (médical, psychologique, juridique) aux enfants affectés par les attaques contre les écoles et les déplacements des populations, proscrivent les prunelles de Butembo-Lubero.

Réaction du Directeur de la province éducationnelle Nord-Kivu II

Après qu’il a écouté les enfants sur différentes préoccupations, notamment celles liées à la sécurité des milieux scolaires et à la garantie de l’éducation comme droit fondamental, le Directeur de la province éducationnelle Nord-Kivu II a répliqué par des réactions optimales. Pour Norbert Bisimwa l’amélioration de la qualité de l’éducation intéresse au plus haut niveau le ministère de tutelle.

« Les efforts ont été fournis et continuent d’être fournis dans ce sens, sur toute l’étendue de République Démocratique du Congo. Malheureusement, les poches d’instabilité ont détruit notre éducation avec tout ce que vous avez décrit. Mais nous sommes en train de nous adresser au Gouverneur et aux administrateurs de territoires, pour que ces autorités, qui ont en charge le maintien de l’ordre, sécurisent les écoles afin que les enfants apprennent dans de bonnes conditions, se sentent à l’aise dans des classes. Nous sommes en train de faire ce plaidoyer. Cette action est en cours. Nous témoignerons des effets », a rassuré l’autorité scolaire.

En fait normal, la Constitution de la République Démocratique du Congo, à son Article 43, précise clairement que « l’éducation est un droit fondamental et que l’enseignement primaire est gratuit ». La Convention relative aux Droits de l’Enfant, à son Article 28, insiste également sur le fait que chaque enfant a droit à une éducation, que l’enseignement primaire doit être gratuit et obligatoire, et que les États doivent en faciliter l’accès au secondaire et au supérieur. Pour matérialiser cet engagement de l’Etat Congolais, l’article 38 de la loi No 09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l’enfant soutient que « Tout enfant a droit à l’éducation ». Des textes qui semblent ne pas être bien respectés en RDC, du moins dans sa partie Est. En dépit, la journée internationale de l’éducation aura rappelé que une éducation de qualité est un droit fondamental et un pilier essentiel pour construire des société plus justes, pacifiques et éclairées.

Patrick Kalungwana

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