Nord-Kivu : un moratoire de 72 heures soumis aux sociétés exécutant la construction des infrastructures publiques à Butembo pour poursuivre les travaux

Les travaux de construction des ponts et réaménagement des grandes artères au Nord-Kivu constitue un projet salutaire, mais mal engagé par le Gouvernement provincial. Puisque, explique la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo, les chantiers sont nombreux et les fonds pour exécuter les travaux sont mal répartis, avec une présomption de détournement financier de la part des autorités. Dans l’observation de cette structure, l’on perçoit qu’il est urgent que le Gouverneur institue une commission d’évaluation pour éclairer sur l’exécution de ces travaux dont beaucoup de chantier traînent à être achevé dans le délai. La Synergie donne d’ailleurs un moratoire de 72 heures aux sociétés exécutantes pour renouer avec le travail attendu.

La Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo a, ainsi, présenté les résultats du contrôle citoyen sur le projet de construction des artères et les ponts au Nord-Kivu, singulièrement en ville de Butembo. Au cours d’une conférence de presse tenue, ce Mercredi 11 Mars 2026, à la Passerelle, à l’ITAV, cette structure a tenté de prouver que les fonds perçus pour ce projet sont inéquitablement répartis et leur gestion est opaque. Une manigance qui serait, selon la Synergie, entretenue par l’entourage du Gouverneur. En conséquence la bonne initiative du Gouvernorat d’aménager les infrastructures risque de ne pas être achevé dans le délai et de se réaliser hors normes technologiques, avertisse les jeunes de la Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression.

« La gestion des sources des revenus mises en place pour financer ces projets est très opaque. Le gouvernement provincial a laissé la gestion des fonds publics dans les mains des privées ; c’est le cas de l’ACCAD et IDIK qui sont respectivement des association et société privées constituée des membres et actionnaires avec des parts sociales. ACCAD pour rappel perçoit le 0.5 % sur toutes importations mais aussi fixe les honoraires, 350$ par véhicule, et oblige les commerçants à s’acquitter avant de franchir Kangote. Quant à IDIK, elle recouvre la taxe péage route ainsi que celle sur les produits agricoles et a droit à 10% des recettes présentées au gouvernement provincial. Le gouvernement provincial serait en train de détourner d’autres fonds sous prétexte que sa priorité est la piste de l’aéroport de Mavivi dont le financement doit provenir du gouvernement central. Les sociétés sont différemment traitées selon le degré d’influence dans l’entourage très proche du gouverneur. Particulièrement, la société Jerryson Construction est dans une forte malversation financière expliquée par le flou qu’il entretient sur les recettes de la taxe conventionnelle sur les produits pétroliers depuis 2012 mais aussi le manque de justification pour la somme lui livrée par le gouvernement provincial pour la route La Concorde-Rughenda. Et dans la situation actuelle, toutes les sociétés sont en phase de constitution logistique ; pas d’engins adaptés aux travaux demandés », décrit la Synergie.

Pour éviter de violer la libre circulation des personnes et leurs biens à cause des projets interminables, dont les exécutants tremperaient dans la malversation, la Synergie appelle à certaines actions. C’est entre autre, lancer la procédure d’audit de la gestion de ces projets d’infrastructures et instituer une commission indépendante de suivi et évaluation.

« Cette commission doit comprendre les représentants de l’Etat, les Société d’exécution, les mouvements et groupes de pressions afin de bien suivre le circuit financier et exécutif de ce projet. Le Gouvernement provincial devrait également répartir équitablement les fonds aux entreprises qui sont dans les normes et selon les besoins, rendre public le rapport de contrôle et d’audit de la société Jerryson Construction pour éclairer la lanterne de la population sur la gestion de la taxe conventionnelle sur les produits pétroliers, mais aussi la destination des fonds autres fois décaissés par le Gouvernement provincial à l’époque de feu Peter Cirimwami », recommandent les mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo.

Aux habitants du Nord-Kivu, la Synergie demande d’être mobilisés pour dénoncer toute tentative de détournement des fonds dont la conséquence directe devient l’arrêt des travaux et de demeurer exigeants envers les dirigeants pour qu’ils œuvrent pour l’intérêt général et non égoïste. La Synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo finit son message par un avertissement.

«  Pour les sociétés chargées de la construction des ponts, aucune excuse n’est accordée ; elles doivent immédiatement relancer et vite achever les travaux aux arrêts vu qu’elles ont déjà reçu l’appui financier du gouvernement central. Pour ceux-ci, un délai de 72 heures est accordé pour relancer les travaux ; dans le cas contraire les mouvements citoyens et groupes de pression seront dans l’obligation de mobiliser la population pour récuser ces différentes sociétés».

Patrick Kalungwana

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