
Le Président de la Chambre basse du Parlement RD Congolais, Vital Kamerhe a démissionné, Lundi 22 Septembre 2025. Une décision personnelle prise alors que ses confrères députés étaient convoqués à une plénière pour le vote d’une pétition de 262 signatures qui le visait. Dans la pétition des députés de l’UDPS et d’autres formations politiques accusaient le speaker de l’Assemblée nationale de mauvaise gestion et de blocage du contrôle parlementaire. Mais Vital Kamerhe a ainsi anticipé la plénière et déçu la démarche des pétitionnaires à son encontre. Au chapitre des réactions, c’est toute une divergence de vue que fait entendre la classe politique en RDC.
Déjà, quelques heures après que la nouvelle relative à la démission de Vital Kamerhe a été annoncée, le Chef de l’Etat de République Démocratique du Congo a donné sa perception des choses. Alors qu’il séjournait à New-York, aux Etats-Unis d’Amérique, pour patienter de participer à la 80ième session de l’Assemblée générale des Nations unies, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé que qu’il n’est pas responsable de ce qui arrivé à Vital Kamerhe.
« Ce que je tiens à vous dire, c’est qu’il y a quelques jours, j’ai reçu, dans le cadre d’une réunion interinstitutionnelle, tous les chefs de corps de nos Institutions : les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, le Première ministre, le Président du Conseil supérieur de la magistrature. Le mot d’ordre était que la rentrée parlementaire se fasse dans la sérénité, le calme. Je crois que vous avez suivi les discours des rentrées. Ils ont été justement dans ce sens-là », a réagi le citoyen numéro 1 de la RDC au cours d’un échange avec la presse.
A la même occasion, le Chef de l’Etat a rassuré qu’il continuera de considérer le démissionnaire comme son frère et son allié politique. Ce, avant d’éclairer que il y a un fonctionnement d’une cuisine interne à chaque Institution et se dédouaner qu’il n’a pas le droit de s’immiscer dans ce qui se passe dans telle ou telle autre Institution, même s’il est le garant de leur stabilité.
Des acteurs politiques ne sont pas également restés bouche bée face à cette inattendue démission. Cité par 7sur7.cd, l’opposant Emery Okunji a directement accusé l’Union sacrée pour la Nation d’avoir orchestré un désordre et la déstabilisation à l’Assemblée nationale à travers une série de pétitions contre quelques membres du bureau.
« Les débats des pétitions qui visent les membres de l’Assemblée nationale, bien que ce soit une cuisine interne entre membres de l’Union sacrée sent la nausée. On viole toutes les règles et les principes de droit pourvu qu’on atteigne l’objectif de déstabiliser l’Institution, au moment où la situation sécuritaire est alarmante à l’Est du pays…, entrainant beaucoup de morts dans l’indifférence des gouvernants », a-t-il déclaré au média en ligne.
En outre, Pascal Mutumoja, cadre de l’Union pour la Nation Congolaise, cité par Radio Moto Butembo-Beni, la démission de Kamerhe s’explique par sa volonté patriotique de changer les choses au profit du Peuple. Selon lui, Vital Kamerhe n’a pas voulu perdre de temps dans un débat éloigné des attentes de la population.
Cet argument semble être rejeté par l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, fédération territoriale de Beni. Dans les propos recueillis par le média de l’Eglise catholique de Butembo-Beni, son fédéral estime que Vital Kamerhe a reconnu sa culpabilité et a fui le vote en avant. Pour lui, l’Union sacrée reste unie et indivisible malgré les tensions.
A Lamuka de Martin Fayulu, on n’est pas du reste dans ce débat. On perçoit la démission et les tensions à l’Assemblée nationale comme une querelle interne pouvant déboucher sur une crise politique. C’est ce qu’avance Emery Katavali, cadre de la coalition, en parlant d’une division née d’un mauvais partage du pouvoir qu’il qualifie de fraude.
C’est qu’il faut retenir, c’est que Vital Kamerhe place sa démission dans la recherche de la stabilité au sein de l’Assemblée Nationale de la République démocratique du Congo. Le désormais ex-président de la chambre basse du Parlement et autorité morale de l’Union pour la nation congolaise (UNC) note avoir démissionné volontairement. Il souhaite déjà plein succès à celui qui va le succéder.
Outre Vital Kamerhe, Dominique Munogo, qui occupait le poste de rapporteur adjoint, a également démissionné de ses fonctions. Elle a annoncé sa démission, quelques heures seulement après que Vital Kamerhe a fait la sienne. Ainsi, seul le sort de trois membres restants du bureau, à savoir le rapporteur, le questeur et le questeur adjoint sera probablement connu à l’issue de la plénière prévue pour l’examen des pétitions qui les visaient aussi au bureau de l’Assemblée nationale en RDC. Et le processus du renouvellement de ce bureau devra être une suite cruciale pour restaurer la stabilité politique au pays.
Patrick Kalungwana