Butembo : De nouveaux échanges de tirs entre deux factions Wazalendo font 10 morts et des blessés. Preuve de l’inaction des autorités. (Société civile).

Les deux factions des Wazalendo, antagonistes de renom sur les collines Mavina et «Mont Thabor», au Sud-Ouest de la ville de Butembo se sont de nouveau affrontés, dès l’après-midi de Lundi 03 au matin de Mardi 04 Mars 2025. Noeud du problème, toujours la gestion de deux petites barrières illégales érigées sur la voie routière sur l’axe Malende, Musingiri dans la commune Kimemi. Les conséquences humaines sont mitigées. Les forces vives de Kimemi plaident pour la délocalisation, mieux pour l’inexistence de ces présumés mai-mai dans cette partie de la ville de Butembo.

C’est à partir de 17 heures de Lundi que les habitants de Vuhesi, Malende, Ngengere, Mathotho, Vusenzera et environs dans la commune Kimemi, ont commencé à alerter sur les retentissements des coups de feu dans leur communauté. «Les crépitements se sont poursuivis jusque tard la nuit. Alors que nous pensions que c’était tout. Nous avons ouï une réplique à partir de une heure du matin», ont témoigné plusieurs habitants que plumedukivu.net a abordé, tôt le matin de ce Mardi. Ces sources indiquent que ces heurts n’ont pas permis à plusieurs agriculteurs de rentrer chez eux le dernier soir et ont occasionné la paralysie d’activités socio-économiques. Toutefois, ces agriculteurs ont regagné leurs convives, seulement le matin de ce Mardi, se sont réjoui nos sources. Ces sources qui se désolent de la résurgence des combats entre le groupe des Wazalendo vivant à Mavina et celui des patriotes qui campent au mont Thabor. C’est la même inquiétude qu’exprime la coordination du noyau de la société civile, forces vives de Kimemi en déplorant les conséquences de récents affrontements. Un communiqué relatif à ce drame a été rendu public, ce Mardi.

Dans ce document dont nous avons eu copie, les forces vives de Kimemi dressent un bilan de 10 morts, à savoir 2 de la faction Mont Thabor et les 8 autres de Mavina. Plusieurs autres éléments de deux camps ont été blessées et sont admis aux soins, dresse le communiqué signé par Jackson Bwahasa, président du Noyau de la société civile de Kimemi.

Selon lui, ce sont les combattants du Mont Tabor qui ont attaqué ceux de Mavina. «Le campement de ce dernier a été incendié et certains mai-mai blessés ont été capturé la soirée du 3 Mars 2025. Dans sa revanche, le groupe mai-mai de Mavina a attaqué celui du Mont Tabor la nuit. Ayant enregistré des blessés de deux côtés et voulant les amener tous aux Cliniques médicales Katali connues sous le nom de «Chez Yoga, les deux groupes se sont encore une fois échangés des tirs. C’est là que les 10 morts ont été retrouvés, sur la route, près de cette structure sanitaire. Certains étaient ligotés avant d’être fusillés, décrit-il à l’issue d’une descente sur place.

Jackson Bwahasa ajoute que cette situation a suscité une vive inquiétude dans le chef des habitants de Butembo surtout ceux de la commune de Kimemi, plus particulièrement les habitants des quartiers Vutsundo, Vutetse et Malende ainsi que les malades hospitalisés aux cliniques Universitaires de l’UCG et ceux de la structure sanitaire dit chez Yoga. De quoi, le Noyau de la Société Civile de la commune de Kimemi dénonce l’inaction des services de sécurité et des autorités de l’Etat de siège qui laissent pourrir la situation alors que l’attention des habitants est tournée vers la lutte contre l’avancée des rebelles du M23. A travers des recommandations claires, la société civile de Kimemi appelle les autorités de l’Etat de siège d’assurer la sécurité des habitants de Kimemi.

«Nous exigeons la traque de ces groupes armés qui ne cessent de troubler la quiétude et le bien-être des habitants de la commune de Kimemi. A l’Eglise Catholique nous demandons de s’impliquer pour la délocalisation de cette position des Wazalendo au Mont Tabor, un lieu reconnu comme de recueillement et non un terrain d’affrontement. A la population, nous recommandons de rester vigilante et de continuer à soutenir les services de sécurité en dénonçant tous mouvements suspects».

La résurgence des accointances entre les Wazalendo s’enregistre seulement un mois après qu’ils se sont encore attaqué sur les mêmes collines. Le front de la nuit de Lundi 10 à Mardi 11 Février 2025 avait fait 6 morts et des blessés, outre le pillage des biens de la population par les Wazalendo en conflit. Les forces vives avaient appelé à l’interpellation de ces antagonistes, voire à les délocaliser. Mais les autorités continuent d’observer sans agir.

Patrick Kalungwana

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