
«Il était exactement 20h20 lorsque les prêtres du presbytère de la paroisse Regina Caeli de Lukanga partageaient leur repas du soir, dans une atmosphère fraternelle et paisible. Comme à l’accoutumée, ce moment de convivialité marquait la fin d’une journée pastorale bien remplie.
Soudain, un bruit retentit à la porte. À la surprise générale, c’était un homme armé qui frappait avec insistance. L’individu, visiblement en état d’ivresse, appartenait pourtant aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), celles-là mêmes censées protéger la population. Mais au lieu de rassurer, il inspira immédiatement la crainte et la méfiance.
Dès qu’il fut écouté, son intention devint claire : il exigeait une somme importante d’argent, qu’il ordonna aux prêtres de lui remettre dans un délai de 30 minutes. Face à cette menace inattendue, les prêtres tentèrent de gagner du temps et de chercher une solution palliative. Mais la situation dégénéra brutalement : sans sommation, l’homme fit usage de son arme, semant la panique et la confusion.
Un coup de feu fendit l’air, brisant le calme de la soirée. Ce fut la débandade. Chacun chercha instinctivement un refuge pour échapper à cette menace mortelle. La peur s’installa en quelques secondes, et l’urgence devint la seule priorité : sauver sa peau.
Heureusement, Dieu veillait. Des Wazalendo, ces combattants engagés dans la défense du territoire, se trouvaient non loin du presbytère. Alertés par les coups de feu et les cris, ils intervinrent avec promptitude et fermeté. Leur réaction rapide permit de neutraliser l’assaillant et de rétablir l’ordre. Grâce à leur intervention courageuse, le pire fut évité.
Ce qui aurait pu être une tragédie ne laissa finalement que des dégâts matériels limités : une vitre brisée, unique témoin de cette nuit de frayeur. Mais au-delà de la peur et des pertes matérielles, la vie des prêtres et des sœurs fut préservée.
Notons que cet individu n’en était pas à son premier acte d’intimidation cette nuit-là. Avant d’arriver au presbytère, il avait déjà semé le trouble au couvent des religieuses de la Congrégation des Missionnaires du Travail, cherchant visiblement à imposer sa loi par la force et l’intimidation.
Cet incident rappelle avec gravité les défis sécuritaires auxquels font face les communautés religieuses et, plus largement, l’ensemble des populations congolaises. Que devient une nation lorsque ceux qui doivent protéger se transforment en oppresseurs ? Quand l’insécurité s’infiltre jusque dans les lieux consacrés à la prière et au service de Dieu ?
L’intervention salutaire des Wazalendo est une preuve que la défense de la dignité et de la justice repose aujourd’hui sur des citoyens conscients des enjeux et engagés pour la protection de leur communauté. Cet événement, bien que tragique dans son déroulement, s’est terminé sans pertes humaines, mais il doit interpeller les autorités sur la nécessité d’assainir les rangs de l’armée, d’éliminer les éléments indisciplinés, et de renforcer la protection des populations civiles et des institutions religieuses.
Dans l’obscurité de cette nuit de terreur, une seule lumière demeure : Dieu veille sur son peuple et suscite toujours des justes pour défendre les innocents»
Rédaction ‹Témoignage