
Des pluies diluviennes sont tombées sur Butembo, ville commerciale du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo, RDC, Jeudi 27 et Vendredi 28 Mars 2025. Derrière elles, elles ont abandonné des dégâts énormes et insupportables. Des dommages liés à l’agressivité de ces intempéries mais aussi au non respect des normes urbanistiques, selon des observateurs.
Au cours de deux après-midi, respectivement Jeudi et Vendredi, la population locale a été surprise par la tombée des pluies torrentielles, mêlées au vents très violents, aux coups de foudre et de tonnerre ainsi qu’à la grêle. Enfermés dans des maisons, les habitants ont observé avec impuissance des conséquences matérielles et humaines inquiétantes. Des ponts écroulés, des habitations détruites, des biens volés par les eaux, des personnes blessées, des routes boueuses, des jardins à domicile ravagés, même un cas de mort C’est autant de dégâts enregistrés.
«Nous sommes partis tous dormir quand il a commencé à pleuvoir, vers midi 30minutes après, les eaux ont commencé à déborder de la rivière vers le marché de Vusenzera et ont couvert notre avenue avant de commencer à pénétrer la maison. On n’a pas su où aller. J’ai alerté ma femme et les enfants qui dormaient afin de se mettre debout pour éviter de se noyer. Une partie du mur de notre maison s’est écroulé. C’est par là que nos biens ont commencé à disparaitre dans les eaux. Il n’y avait pas moyen de les sauver. Nous avons sauvé nos vies en appuyant sur les planchers des autres murs, jusqu’à ce qu’il cesse de pleuvoir. Parmi mes enfants , deux ont été blessées quand ils se sauvait de la chambre dont le mur a cédé», a témoigné Jeudi après la pluie un père de famille qui a tout perdu, ce jour.
Nombreuses familles ont subi le même sort dans toutes les communes de Butembo, du moins dans la municipalité de Kimemi. Certaines d’elles continuent de vivre à la belle étoile ou dans des familles d’accueil du fait qu’elles n’ont plus d’abri. A les écouter actuellement, leurs mots constituent des SOS pour sauver leur situation. En commune Kimemi qui a connu plus de dégâts que dans les trois autres de la ville, un cas de mort par noyade a été déploré.
En outre, c’est la circulation qui est handicapée dans plusieurs cellules, surtout celles longeant différentes rivières, la voie routière étant encore boueuse et des ponts étant détruits. «Pour accéder à Vusenzera par exemple, nous sommes contraints de contourner vers l’ITAV-Butembo alors qu’il y avait des raccourcis à Katsya et le long de la Mususa, ont témoigné plusieurs conducteurs qui appellent à la réhabilitation de plusieurs infrastructures routières déjà ruinées.
Devant cette situation un environnementaliste reconnaît que les pluies de deux jours étaient intenses tellement que certaines maisons, surtout celles construites à terre battue, et d’autres infrastructures, telles de ponts à bois légèrement fixés, ne pouvaient pas y résister. Bien plus, la mauvaise urbanisation de Butembo a communié à l’amplification des dégâts, selon Sieur Gaston. «Des familles qui construisent des maisons à terre battue dans des vallées, le long des rivières ou sur des collines sans beaucoup de protection, que voulez-vous qui leur arrive pendant de fortes pluies si ce n’est la ruine de leurs abris, s’est exclamé la source en parlant aussi de la mauvaise canalisation des eaux.
Comme piste de solution à la prochaine, il recommande aux services des affaires foncières et urbanisme d’accompagner les administrés à prévenir des dégâts. «Cela, dit-il, passe par le lotissement des parcelles et la construction des maisons selon les normes requises, la bonne canalisation des eaux de pluie, l’usage des tanks et bassins pour recevoir les eaux pour minimiser leur pression sur toute personne ou toute chose, la construction des infrastructures, comme des écoles, des ponts petits ou grands qu’ils soient selon les normes et après études des milieux, etc., a conseillé Gaston.
Ce Samedi 29 Mars 2025, l’heure est à la réparation. Mais il faudra attendre longtemps pour tout remettre en ordre, les victimes et la mairie locale n’ayant pas de moyens suffisants pour effectuer des réparations à court terme, observe-t-on.
Patrick Kalungwana