RDC : Invitation de Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira à punir les responsables des crimes dans la partie orientale du pays.

La crise multiforme déplorée au Nord-Kivu et en Ituri constitue des crimes dont les auteurs méritent des sanctions. Voilà que montre le Secrétaire exécutif national du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD-KML, chargé des questions juridiques, électorales et droits humains. Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira a tenu un point de presse, Mardi 25 Février 2025 pour dénoncer ces crimes de guerre, contre l’humanité et des violations massives des droits humains. Ce, avant de plaider pour la justice en faveur des victimes.

En débutant son adresse, Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira a énoncé des alertes qu’il a déjà données pour décrier la crise sécuritaire de l’Est de RDC. Selon lui, en tout ce mois de Février, il a adressé des messages d’alerte à différentes instances pour les interpeller par rapport à ce fait. La Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Bintou Keita, la Délégation de l’Union Européenne en RDC, la Cour Pénale Internationale, CPI, le Secrétaire général des nations unies, Antonio Guerres, la Présidente de la Commission européene, Ursula Von Der Leyen et le Procureur de la Cour Pénale Internationale, Karim Khan ont été alertés respectivement le 14 et le 16 Février à 2025, a déclaré le Secrétaire exécutif national du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD-KML, chargé des questions juridiques, électorales et droits humains, devant les journalistes à Believe Hotel. Pour lui, la lettre adressée à ces responsabilités visait d’attirer leur attention sur la situation chaotique qui prévaut dans l’Est et d’exiger des actions concrètes pour mettre fin à l’impunité et aux complicités internationales qui alimentent cette tragédie qui est aussi, estime Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira, un conflit international, pas une guerre civile.

Preuves du caractère de conflit international

Selon cet acteur politique du RCD-KML, plusieurs éléments factuels établis par nombreux rapports d’experts de l’ONU décrivent la crise de l’Est comme un conflit entre les nations. «Ces rapports, dont celui du 4 Juin 2024, démontrent que le Rwanda exerce un contrôle de facto sur les opérations du M23 et a même participé à certaines de leurs offensives militaires. Cette ingérence avérée d’un Etat étranger justifie une requalification juridique du conflit, ce qui implique des obligations accrues pour la Communauté internationale, explique l’homme du RCD-KML de Mbusa Nyamwisi. Occasion pour lui d’étayer des crimes massifs et documentés à l’Est. Il a notamment cité le recrutement forcé de prisonniers de guerre, une infraction flagrante à l’article 130 de la Troisième Convention de Genève et à l’article 8(2)(a)(v) du Statut de Rome ; l’Exploitation illicite des ressources naturelles, qualifiée de crime de guerre selon l’article 8(2)(e)(v) du Statut de Rome, comme le souligne le rapport des experts de l’ONU du 27 décembre 2024 et les Violences sexuelles systématiques, dont les prisonniers de Munzenze ont été victimes lors de l’entrée du M23 à Goma. Ce, avant de dénoncer une complicité de la communauté internationale.

«L’union Européenne, qui pourtant avait connaissance des conclusions des rapports de l’ONU sur le pillage des ressources congolaises par le M23, a signé un protocole d’accord le 19 février 2024 avec le Rwanda sur les chaînes de valeur durables pour les matières premières. Cette hypocrisie diplomatique met en lumière le double jeu de certains Etats, qui condamnent en paroles mais financent indirectement la machine de guerre rwandaise en actes, analyse Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira.

Proposition d’actions concrètes pour décrisper la crise

Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira a réitéré à la presse des exigences et propositions déjà communiquées aux responsabilités nationales et internationales pour mettre fin aux crimes de l’Est. Parmi ces actions, des sanctions ciblées et immédiates contre les responsables rwandais impliqués, comme cela a déjà été amorcé à l’ONU, mais que, selon la source, l’Europe tarde encore à appliquer. «Autres recommandations: la suspension des accords économiques et financiers entre l’UE et le Rwanda, une mesure timidement engagée mais qui doit être renforcée et le renvoi de la situation de l’Est de la RDC devant la Cour Pénale Internationale, via un référencement par le Conseil de Sécurité de l’ONU», a-t-il déclaré.

Maître Jean-Marie Vianney Muhindo Kanzira se réjouit de mettre ces questions au cœur des discussions internationales. Il appelle à la mobilisation et générale, à une responsabilisation accrue des institutions internationales et à une pression diplomatique sans relâche sur les acteurs étatiques et non étatiques qui alimentent cette tragédie.

A noter que cette interpellation faite par le secrétaire exécutif national du RCD-KML pour les questions juridiques électorales et droits humains a été faite alors que la RDC accueillait le Procureur de la Cour Pénale Internationale, CPI. Karim Khan est à Kinshasa pour amorcer le processus d’enquêtes sur les crimes de l’Est afin de comprendre d’avantage les circonstances et établir les responsabilités.

Patrick Kalungwana

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