
Le Bureau d’Etude et d’Accompagnement des Relations Internationales en RDC, BEARIC, a réuni, pour deux jours, les animateurs de la société civile du Nord-Kivu, les autorités étatiques et coutumières locales et les parlementaires. Mercredi 04 Janvier 2026, premier jour de la session, les participants ont été dans la salle « Laudato si » des religieuses Orantes de l’Assomption de Beni-ville. La session a concerné le renforcement de leur engagement sur les différents processus de paix, la lutte contre la désinformation pour la protection des civils et la stabilisation du Grand-Nord. Dans ce cadre, plumedukivu.net (PK) s’est intéressé à un exposé sur « La participation de la jeunesse et des femmes aux différents processus de paix en RDC et sur leurs rôles dans la mise en en application des accords ». Le président du Conseil provinciale de la jeunesse au Nord-Kivu en était le Facilitateur. Emery Malinga (EM) nous a accordé une interview pour faire comprendre ce que doit consister cette participation de la jeunesse et des femmes aux différents processus de paix en RDC et leurs rôles dans la mise en en application des accords.
PK : Monsieur Emery Malinga, bonjour !
EM : Bonjour, Monsieur le journaliste et merci de me donner la voix à plumedukivu.net !
PK : Vous êtes président du Conseil provincial de la jeunesse du Nord-Kivu. Vous avez conféré avec les autorités étatiques locales, les animateurs de la société civile du Nord-Kivu et les parlementaires au cours de la session qu’a organisé la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo, MONUSCO. Vous avez échangés avec l’assemblée sur « La participation de la jeunesse et des femmes aux différents processus de paix en RDC et sur leurs rôles dans la mise en en application des accords ». Comment devraitse décrire cette participation ou cet engagement de ces deux catégories de personnes ?
EM : D’ores et déjà, il faut retenir que depuis 1999, nous avons assisté à plusieurs accords de paix, plusieurs processus de paix jusqu’à celui signé récemment, en Décembre 2025, celui de Washington. Dans tous ces processus, il y a eu effectivement une faible représentation de la jeunesse et de la femme. Si l’on même, par exemple, l’objet de l’accord de Washington et celui de paix de Nairobi. Nous avons demandé qui était là. Aucune femme n’a été là, aucun jeune, également. Et pourtant, pendant ces 30 ans de guerre, les femmes et les jeunes sont des victimes et continuent de l’être dans cette insécurité qui continue. A ce titre, en principe, dans le cadre de l’organisation, ces victimes devraient faire l’objet ou parties des délégations qui vont discuter ou plaider dans ces processus de paix. Non seulement, nous revendiquons ça, mais aussi nous faisons observer que si les accords précédents ont été signés, en l’absence des jeunes et des femmes, on doit avoir abandonné certaines questions qui seraient de l’intérêt des jeunes, des femmes et, donc, de toute la communauté. C’est par exemple, des questions liées aux violences basées sur le genre. Aujourd’hui, on compte de 2024 à Juin 2025, 68 pourcent des cas de violences basées sur le genre inaperçues dans ces accords. Alors qui sera l’auteur des réparations de ces actes, si on les exige, de 10 millions de morts comptabilisé, depuis 30 ans maintenant. Pourtant, la plupart sont des jeunes. Les véhicules qu’on a volés, les maisons qu’on a revendus, des biens qu’on a incendiés, vandalisés et pillés, qui va payer ça. Autant de question pouvant faire objet des négociations, des questions pour lesquelles nous avons estimé que si toutes les parties étaient impliquées, on pouvait plaider pour que ces genres de questions soient intégrés dans le processus de négociation, dans le cadre de prôner l’exclusivité, et des acteurs politiques, et de la femme, et de la jeunesse.
PK : Est-ce qu’on peut conclure que ces accords ont un contenu insuffisant, une insuffisance qui peut augurer la répercussion des accords, les uns après les autres, et ainsi la résurgence des guerres et conflits en RDC, du moins dans sa partie Est ?
EM : J’ai dit des insuffisances qui sont dans ces accords. Les processus déjà passés sont des processus de trop. Parce que, si l’on analyse les accords depuis 1999, nous avons comptabilisé 17 accords. On se pose alors la question « pourquoi les autres accords n’ont pas amené la paix. C’est pourquoi nous avons demandé de revoir, plutôt, les causes fondamentales qui font que nous soyons toujours dans l’insécurité, depuis 1962, lorsque le Président ougandais a été renversé du pouvoir, jusqu’à ce que on a comptabilisé trois assassinats des Chefs d’Etat, dans région des Grands Lacs. Et depuis ces cas d’insécurité les membres des Gouvernement se sont déversés en République Démocratique du Congo et sont objet de toute cette insécurité. Parmi ces Etat, il y a ceux qui se heurtent à la RDC parce qu’ils disent vouloir défendre leur souveraineté. Est-ce que, se défendre pour eux doit se passer seulement au Congo ? C’est pourquoi nous disons ça ne doit pas se passer ainsi. Plutôt, les accords doivent avoir comme débouchée la paix que nous recherchons tous.
PK : Vous ne voulez plus d’un nouvel accord. Mais avec l’évolution socio-politique de RDC, une nouvelle négociation peut toujours advenir. Que recommandez-vous à ces jeunes-là, ces femmes, qui sont amorphes et l’on constate qu’ils ne sont même pas intéressés de la politique, surtout ces jeunes-là dont on dit qu’ils sont actuellement distraits par l’alcool, les drogues et les antivaleurs de la mondanité.
EM : Nous formulons ces recommandations, aux structures des jeunes du Nord-Kivu et des femmes de la même province. Il y a deux instruments juridiques qui fondent, d’ailleurs, notre plaidoyer. Et nous l’adressons aux acteurs politiques. Il s’agit des résolutions1325 et 2250. La première pour la question féminine et la seconde pour la question de la jeunesse. Et ces deux instruments juridiques internationaux nous renvoient nous comme jeunes la mise en œuvre de 5 piliers : ça demande à nous les jeunes de participer à la gestion de la chose publique, à la protection, la prévention, le partenariat, la réinsertion sociale. Et ça sera pour nous une occasion de participer. Il en est de même à la résolution 1325 relatives aux droits de la femme, l’application de ces mêmes piliers, c’est-à-dire, que la femme puisse aussi participer à la gestion de la Res publica. Au Nord-Kivu, dans ce sens, il y a un POP, Plan Opérationnel Provincial qui encadre, effectivement, les actions des jeunes pour la mise en œuvre de la résolution 2250. Pour la femme, il y a aussi un plan provincial pour les stratégies et activités de promotion du genre.
PK : Monsieur Elie Malinga, vous êtes, je rappelle, président du Conseil provincial de la jeunesse du Nord-Kivu. Vous venez de nous restituer le contenu de votre module sur « La participation de la jeunesse et des femmes aux différents processus de paix en RDC et sur leurs rôles dans la mise en en application des accords ». Merci d’avoir répondu à ces questions de plumedukivu.net.
EM : C’est à moi.
Patrick Kalungwana